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To be or not to be a PUTE !

To be or not to be a PUTE ou la valse des faux-culs

PUTE

Ce fût le mot qui a fait mouche toute la semaine dernière !!!! PUTE par-ci, PUTE par-là … en veux tu en voilà ! Petit tour de piste de toutes les formes de PUTEs que j’ ai croisé au hasard des blogs et des sites …

Quand la  PUTE est en toi et que le mot PUTE ne veut plus rien dire – Au fond d’un blog douillet, une femme d’âge mûr, engagée et bien sous tous rapports, cultive la certitude « politique » qu’une prostitution choisie peut faire le bonheur, puisque après tout elle sont comme nous, donc … et puis la liberté merde, et puis les talons hauts c’est joli … etc . Elle dit même pouvoir faire ce métier fabuleux et excitant pour sauver sa peau s’il le fallait. Mais ce jour là bien évidemment ne viendra jamais. Pas folle la guêpe ! Non, car au fond il s’agit juste de garder au frais – et pour des besoins d’érotisation personnelle – un jeu plus ou moins subtil et esthétisant tournant autour des quelques symboliques putassières plus ou moins assumées… Le privé ici, n’est donc plus du tout le politique. Le mot PUTE ne veut plus rien dire, on le fait glisser, ce qui compte c’est la frontière avec laquelle on peut jouer-jouir personnellement sans être taxée de PUTE pour de vrai (vous le sentez le truc faux-cul là ???) … On se fout donc complètement de la Prostitution et de la traite, ce qui compte c’est avant tout de garder à un bon niveau de flottaison son taux de désirabilité, quitte à flirter avec la putasserie, verbalement ou physiquement … En politique, à gauche en tous cas, on essaie de sortir, si on peut, de la considération privée et individuelle pour aller vers le collectif … Apparement dans ce cas de figure c’est impossible, l’apparence personnelle comptant plus que la problématique humaine, sociale et politique …

Je le dis comme je le pense : ces femmes là ne rendent pas service aux luttes pour la dignité des droits humaines fondamentales – elles se disent féministes mais n’ont rien compris au féminisme, elles sont juste les garantes d’un ordre ancien bien cadré, d’une société de consommation libérale et partiarcale bien rodée qui réussit encore à faire croire à une liberté de choix là ou manifestement on ne propose que le choix de gérer soi-même son propre avatar de femme-objet  … Bonjour la rigolade ! Bref impossible de discuter politique – on ne prend pas le féminisme par le même angle et d’ailleurs, elle parlent le plus souvent de féminité que de féminisme – ceci expliquant bien cela dans le fond … Ce genre de femmes sont les premières responsables de la diabolisation des féministes. Et ici, dans ce cas de figure très précis, on peut revenir sans exagération à cette distinction que faisait Malcolm X entre nègre/négresse de salon et nègre/négresse de plantation quand il s’agissait de libérer les Noirs de l’esclavage et de la servilité. Bref ! Y a du taff !!!!!


Quand le mot PUTE existe et qu’il veut bien dire quelque chose
: Orelsan a mis le mot PUTE à toutes les sauces et la journée de la jupe à fait le plein au cinéma en ayant au préalable fait pêter les stats sur Arte ! Le mot PUTE a donc un sens très fort, une connotation très marquée et le fait qu’il soit utilisé à ce point nous fait sonner la sonnette d’alarme ! Bonne semaine donc pour la défense de notre dignité ! Le boycott de la chanson d’Orelsan a fait tâche d’huile et des réactions sont même venues du gouvernement et des politiques – l’artiste et sa maison de disque ont essayé de trouver une justification plus ou moins honorable – Orelsan serait donc le premier chanteur au monde capable d’ interprèter une chanson … sans l’ interprèter ! Incroyable ! Wéééé ! Il a chanté la chanson sans savoir ce qu’il disait – et comme il ne sait pas ce qu’il dit, il ne peut pas sentir ce qu’il raconte, donc il n’est pas miso … C’était bien tenté les gars, huhuhu, mais là aussi quelle rigolade ! Non, il faut arrêter avec les airs de faux culs  – j’ai écouté attentivement le texte de cette chanson et c’est bien chaque mot qui est une balle … donc quand on appuie sur la gâchette zéro excuse ! J’ai écouté d’autres  chansons d’Orelsan et on y retrouve à chaque fois des allusion sexistes disséminées par petites touches. Le sexisme fait parti de cette culture musicale de Rap hardcore – on y putifie la femme à tour de bras pour un oui pour un non … Quand à l’allusion du radiateur et de Tostaki, quelle déchéance …

Pendant ce temps là Adjani a sorti son flingue et mis les pendules à l’heure – décréter une journée de la jupe c’est bien – mais n’avions nous pas déjà une journée de la femme ? C’est donc pas suffisant. C’est toute une éducation qu’il faut mener dans l’école pour endiguer le sexisme qui est toujours apporté par les enfants de l’extérieur – et ensuite consolidé par des méthodes ou un enseignement qui le cristallise à l’intérieur. La jupe est tout un symbole en fonction de son aspect et de son époque. Dans les années 60 symbole de soumission – on veut donc porter le pantalon, puis arrive la mini jupe – on veut être subversive mais dans le même temps on chosifiera la femme, on va la putifier un maximum – on lui donnera la pilule mais pas pour sa liberté, non, pour sa disponibilité – et qu’est ce qu’une pute avant tout ? Une personne sexuellement disponible … les femmes hétéros se sont fait complètement entuber avec la pilule : elle donne des cancers, diminue la libido et n’a rien changé fondamentalement aux rapports hommes femmes … c’est juste un outil de contrôle qui ne dit pas son nom .

Mais jupe ou pantalon, in fine quelle différence ? Les hommes s’éduquent entres eux dés le plus jeune âge pour considérer les filles comme des proies potentielles et peu importe en vérité ce qu’elles ont sur le dos – les fameuses tournantes par exemple sont légion partout et depuis toujours sans aucune distinction d’ âge et de classe sociale : au lycée, dans les gymnase, au cours des fêtes arrosées, après les match de foot, derrière les garages, au fond des caves, dans les cages d’escaliers, à la sortie des boîtes de nuit, en colonie de vacances, sur les blogs … A plusieurs, les plus vieux entrainant les plus jeunes, tout est permis … Et on s’imprègne. Avec en plus aujourd’hui l’accès à une pornographie massive, disponible gratuitement, on construit chez les jeunes enfants une représentation de l’échange physique basé sur la putification systématique des filles … Les brigades des mineurs se retrouvent aujourd’hui avec des enfants qui se violent entre eux, qui se filment, qui s’agressent, qui se prostituent littéralement en mimant ce qu’ils ont absorbés : à une petite fille qui avait demandé à un garçon de lui « sucer la chatte » dans sa cage d’escalier – un responsable de brigade atérré demande à l’enfant « mais ou as tu entendu ce genre de langage ?  » – la fillette répond : « Mais partout monsieur … » ben oui, c’est partout – c’est partout la PUTE ! Dans la bouche des parents, dans la bouche de la TV, dans la bouches des copains , dans les revues, dans la pub, dans les séries, dans les livres, dans le langage …. LA PUTE EST PARTOUT !

Mais c’est pas fini, maintenant il y a les PUTES PRO !

La cerise sur le gâteau ! Il y avait le documentaire de Carré, abondement discuté ici et là, qui transforme la pute en sauveuse de l’humanité, j’ai rarement entendu un truc plus faux-cul de toute ma vie ! Ce documentaire fait l’éloge de la soumission, de la disponibilité de la nécessité d’une prostitution professionnelle.  De manière générale la presse et un nombre non négligeable de gauchistes soutiennent depuis qq années le mouvement des putes libres, la pute pride et des conneries du même genre … Ces groupuscules activistes sont minoritaires et bénéficient systématiquement d’un couverture médiatique très avantageuse que ce soit dans la presse ou à la Télévision. Les défenseurs de ces mouvements pour une prostitution libre et choisie s’appuient principalement sur deux axes : celui de la liberté de pratiquer une profession à part entière et sur la reconnaissance de la prostitution comme une forme de sexualité.

On divise donc la prostitution en deux camps distincts : celle de la traite et de l’ exploitation non consentie à celle de l’activité normalisée. La prostitution professionnelle vient de créer en France son premier syndicat le STRASS :

Le Strass entend ne pas se limiter à la prostitution, mais bien inclure tous les travailleurs du sexe qui le voudront. Ce syndicat est donc ouvert aux métiers connexes de la prostitution, notamment avec un travail sur la nudité ou une connaissance de la sexualité et donc, par exemple :

  • les téléopérateurs « roses » par téléphone, Minitel ou Internet. (Une prostituée ne peut s’empêcher de sourire en racontant que lorsqu’elle faisait ce métier, elle était payée comme « auteur ».)
  • les strip-teaseuses (en réel ou à distance). Pour le moment, certaines femmes sont considérées comme intermittentes du spectacle ou danseuses, mais d’autres sont en CDI, et on se demande sous quelle convention collective.
  • les acteurs et actrices pornos qui sont -s’ils ont leurs heures- intermittents du spectacle.

Le syndicat revendique 200 adhérents, soit 1% des 20 000 travailleurs du sexe à temps plein.

Le STRASS s’adresse uniquement aux sex workers assumées exit donc les pauvres mères de familles qui doivent arrondir leurs fins de mois et les exploités des cartels et des mafias en tout genre. Toutes ces PUTES si fières et si arrogantes ne font pas dans la philanthropie et ne se préoccupent pas le moins du monde du sort de leurs « consoeurs » … La vérité s’exprime donc clairement : une prostitution professionnelle ne changera en rien le cours des pratiques de l’exploitation et de la traite comme elle peut exister par ailleurs. La prostitution professionnelle indépendante roule pour sa pomme, elle ne veut pas la liberté des femmes exploitées et traitées, pas plus qu’elle ne propose des solutions solidaires pour sortir ou réinserer les exploitées … Ce sont deux mondes qui ne se rejoignent pas … En l’état ce syndicat ne propose rien de moins que de promouvoir une activité non humaniste et non solidaire avec pignon sur rue !  Et cette distosion risque de pénaliser les associations et les mouvements abolitionnistes en France.  En effet, pourquoi irait on financer des associations de réinsertion si on peut régler le problème en professionnalisant la personne … C’est donc l’Etat qui deviendrait le souteneur officiel !

La PUTE a encore de belles journées devant elle …

wildo

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  1. mars 30, 2009 à 1:01

    Sache un truc chère wildo
    Obelix n’est pas gros, il est en.ve.lo.pé !!!
    Je ne suis pas « mure » je suis au sommet de ma splendeur !!!
    Tu sais que tu m’a niqué ma journée là ??
    Alalala…..
    tu viens d’employer les mêmes ficelle qu’ un « sale » macho tiens !!!

  2. wildo
    mars 30, 2009 à 2:25

    Eh bien qu’est ce qu’un fruit mûr sinon qu’il est au sommet de sa splendeur gustative et physiologique … ???
    J’ai pas dit vieux rogaton, ni vieille peau encore moins vieux tas etc … C’est pas mon style et c’est pas ce que je pense !

    Si pour toi mûre c’est déjà le pourrissement, c’est ton point de vue, alors je le respecte ! lol !

    M’enfin, cet article ne t’interpelle réellement qu’à cet endroit ? …
    Tu me scies définitivement.

  3. wildo
    mars 30, 2009 à 2:47

    Moi c’est cet article qui m’a niqué une bonne partie de mon samedi – il me faut plusieurs heures avant de terminer l’écriture d’un truc comme ça et toi tout ce que tu trouves a faire c’est de tiquer sur « mûre » ???

    J’HALLUCINE !!!!!

  4. macdougal
    mars 30, 2009 à 5:42

    Au milieu du politiquement correct, de la langue de bois…
    Enfin ! un coup de gueule salutaire.

  5. avril 1, 2009 à 3:23

    Comment te dire ?

    il y avait dans mon commentaire une petite pointe de second degré quand m^me, bien sûr que j’ai lu ta note jusqu’au bout, mais j’ai trouvé marrant que tu fasses comme aurait fait n’importe quel macho pour déstabiliser l’adversaire (femme)

    je ne crois pas que je pourrais te convaincre de quoi que ce soit.
    Je réagissais simplement à la lecture que tu avais eu de l’excellent (oui je trouve) documentaire de Carré. Il n’a pas valeur d’exemple,il ne fait pas de prosélytisme, il laisse juste parler quelques femmes sur leur métier, en l’occurrence la prostitution. Et j’ai trouvé que ce qu’elles avaient à dire était intéressant et construit.(construit, pas constructif)
    C’est tout.
    que pour certaines le cul est moins sacré que pour d’autres. Tu peux l’entendre ça ?
    moi dans mon monde idéal j’aimerais que plus aucun enfant ne souffre, que ls êtres humains vivent en harmonie les uns avec les autres dans la paix.
    Dans mon monde idéal il n’y aurait certainement pas de putes (quoi que) mais voilà on vit sur une putain de planète où l’âme humaine n’est pas toujours très rose bonbon, où les enfants crèvent de faim ou meurent sous les bombes. Et où il a des putes…
    Décréter quelque chose parceque l’on aimerait que cela ne soit plus ne suffit malheureusement pas à faire changer l’âme humaine….
    Tant que le monde sera monde, il y aura toujours des prostitués. et tu le sais bien….
    alors autant les encadrer,s’en occuper,écouter, protéger et respecter ces femmes là. Plutôt que de les nier et de sles laisser aux mains de leur putain de proxénète.
    tu vois c’est comme pour les sans-papiers de Sangatt, est-ce que le fait de supprimer l’aide que l’état leur apportait, a supprimer l’envie que ces gens-là avaient de quitter leur pays de misère ?
    non. Ils sont toujours à Calais et sont repoussés dans la clandestinité et ils en crèvent.
    Mais ils sont toujours là.
    Je ne suis pas féministe wildo, juste une femme qui travaille dans un milieu principalement macho, qui ne se débrouille pas trop mal avec ça et pour qui être féministe c’st juste être libre, autonome et savoir déboucher un évier. Seule.
    Et je connais quelques féministes autour de moi qui se revendiquent comme telles, qui trouvent que je ne le suis pas assez mais qui ont besoin de leur mari pour changer une roue…va comprendre.
    C’est compliqué une fille
    amicalement

  6. wildo
    avril 1, 2009 à 6:11

    « Tant que le monde sera monde, il y aura toujours des prostitués. et tu le sais bien…. »

    Mais c’est faux !!!!!!!!
    C’est dément de continuer à colporter des conneries pareilles
    Il y a des peuples qui ont vécu sans cela et qui vivent sans cela à l’heure ou on cause …
    C’est la même intoxication que de dire que ce serait le plus vieux métier du monde … même connerie.
    La prostitution n’est pas une fatalité, ou inscrite dans le gènes de la femme. C’est un crime, bordel !
    Du traffic, de l’exploitation organisée …
    Et lis mon article jusqu’au bout – l’encadrement comme tu dis existe déjà depuis belle lurette – en revanche la soi disant libéralisation n’a rien de philanthropique … alors je vois mal comment tu pourrais être d’accord avec ça …
    Etre contre la prostitution c’est comme pouvoir être contre les crimes contre l’humanité, contre la peine de mort, contre l’excision, tout ça va ensemble.
    A quoi ça sert de savoir déboucher ton évier si tu es sourde comme un pot ?

  7. Romane
    avril 1, 2009 à 10:53

    @Mrs Clooney

    Je ne saurais trop te conseiller de placer un site dans tes favoris « Sysiphe.org ». Tu y découvriras bcp d’analyses sur les problèmes de la prostitution, notamment sous son aspect mondialisé qui est sa forme la plus répandue aujourd’hui, dont celles de Richard Poulain. Brillant. Bon, c’est parfois, dur, très dur. mais tu peux y aller doucement au début.
    Par ailleurs, Sysiphe est une mine d’or pour toutes les questions féministes, certes surtout canadiennes puisque Sysiphe est canadien ou québéquois (aaah chais pu) mais il reprend des infos de chez nous dont la dernière en date est celle d’un rappeur dont il n’est plus nécessaire de communiquer l’identité tant ces derniers jours il a gagné une belle renommée..

  8. wildo
    avril 2, 2009 à 11:36

    Tiens je vais reprendre deux ou trois trucs à propos de l’immigration et de la prostitution. Là aussi c’est une des bifurcations possible pour se faire happer par les réseaux de prostitution en France. Une des humiliation supplémentaires après la déchirure de devoir abandonner les siens, de se faire racketter avant et en cours de route, est celui de la prostitution. Belleville à paris est devenu en qq années un bordel à ciel ouvert … la femme chinoise fraichement immigrée qui débarque aujourd’hui à Belleville sera considéré comme une pute potentielle parmi les autres. C’est un constat humiliant, douloureux et choquant pour ces femmes à l’arrivée.
    Alors oui, il faut donc venir doublement en aide aux femmes immigrées !!!!

  9. Romane
    avril 2, 2009 à 10:31

    En Afghanistan, Karzaï fait voter une loi pour obliger les femmes à accepter les relations sexuelles avec leur mari dès que ce dernier le désire. Interdit de refuser un rapport sexuel. Interdit de sortir sans demander l’autorisation du mari. Autrement dit, avec Karzaï le viol conjugal devient légal. Et tout çà pour récupérer des électeurs pour se faire réélire prochainement. Rue89 en parle. Et bien sûr Sysiphe.
    a vomir.

  10. mai 16, 2009 à 8:00

    Merci, ce texte est très intéressant. Ah! la liberté de se prostituer! Vieille rengaine hypocrite qui permet pour respecter le choix d’une petite minorité qui a droit à la parole, de nier la majorité silencieuse qui vit un enfer. Ce serait démocratique?
    Dans notre société non-abolitionniste, toutes les femmes sont des putes potentielles et tous les hommes, des clients potentiels… Je ne veux pas de cette société, nous valons mieux.

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