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Un troussage de domestiques – ou l’affaire DSK commenté par les féministes …

août 31, 2011 5 commentaires

Un troussage de domestique, coordonné par Christine Delphy, paraît aux éditions Syllepses le 1er septembre. Une rencontre-débat aura lieu le 15 septembre à 19h au Lieu Dit (6 rue Sorbier, 75020 Paris) ainsi qu’à la Librairie Violette and Co (102 rue de Charonne, 75011 Paris) le vendredi 23 septembre à 19 h.

Ce livre rassemble des articles de Clémentine Autain, Jenny Brown, Mona Chollet, Sophie Courval, Christine Delphy, Rokhaya Diallo, Béatrice Gamba, Michelle Guerci, Gisèle Halimi, Christelle Hamel, Natacha Henry, Sabine Lambert, Titiou Lecoq, Claire Levenson, Mademoiselle, Marie Papin, Emmanuelle Piet, Audrey Pulvar, Joan W. Scott, Sylvie Tissot, les TumulTueuses, Najate Zouggari.

 

« Devant l’indifférence massive à cette femme dont on ne sait encore rien, les féministes, d’abord éberluées par le déferlement d’une solidarité à la fois masculine et de classe  car elle émane souvent, trop souvent, de femmes , commencent, dès le troisième jour (le 16 mai) à se frotter les yeux et à saisir leur ordinateur. De leur côté, les amis de DSK  comme la théorie du complot est apparue à tout le monde très fumeuse  e raccrochent à une autre bouée  : la «  présomption d’innocence  », par laquelle ils comprennent que même suspect, même inculpé, il doit avant tout être considéré comme totalement innocent. »

« Les mots qui nous submergeaient, c’étaient les paroles de la musique qui se fait plus insistante de jour en jour et d’année en année et qui accompagne le spectacle de femmes habillées - ou plutôt déshabillées - en bunnies sur les plateaux de télévision, en corps sans têtes, sexes ou fesses en avant, sur les murs de nos villes. Les paroles, nous les connaissions  : elles sont dans neuf blagues sur dix de la radio «  Rires et chansons  », elles font rire Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste qui les trouve «  un peu sexistes  » mais «  amusantes quand même  », elles sont dans neuf sketches sur dix des «  humoristes  »  ; elles sont dans les chansons du rappeur Orelsan («  je vais t’avorter à l’Opinel  »)  ; elles sont dans les commentaires de nos animateurs de télévision, ceux qui font crouler de rire les audiences. Elles se résument à «  du cul du cul du cul  » - mais «  le cul  », c’est, en dépit de sa crudité apparente, encore un euphémisme. «  Le cul  » c’est en réalité la mise en scène de situations où une femme est humiliée, soit parce qu’elle est idiote, soit parce qu’elle se fait baiser, soit encore - ça c’est le fin du fin - parce qu’elle est si idiote qu’elle ne se rend même pas compte qu’elle se fait baiser. Dans les cours de récréation, dans les bureaux, et jusque sur les bancs de l’Assemblée nationale. »

« Mais cette haine des femmes, qui parcourt toute notre société, nos contes populaires, nos chansons, notre culture, aussi loin qu’on remonte, cette haine qui est en arrière-plan - quand elle n’est pas au premier plan - de presque tous nos films, de presque tous nos romans, elle est comme la lettre cachée du conte d’Edgar Poe  : si visible, si «  évidente  » qu’on ne la voit pas. Quand on la voit, dans des cas exceptionnels de tueurs en série, on fait mine de croire que tous les viols sont exceptionnels, sont «  pathologiques  ». On ne dira jamais assez que les violeurs, comme les délinquants de la route, ne sont justement pas des délinquants  ; comme les maris violents, ce sont des hommes ordinaires  ; les plus ordinaires des hommes. Des hommes «  normaux  ». Qui, comme les autres, ne demandent que leurs droits. Le droit d’être les maîtres. Des maîtres qui punissent les femmes au nom de tous les autres maîtres. » Christine Delphy

Excellent article de Christine Delphy a lire sur le site du collectif Les Mots sont Importants …

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Retrouver l’élan du féminisme – Christine Delphy

« Dans tous les pays, on constate le même retour de bâton. En France comme ailleurs, ce sont en majorité des femmes qu’on envoie en première ligne pour dire que le féminisme ne passera pas, ou n’est pas passé, n’est pas, ou n’est plus utile, a toujours été nocif ou l’est devenu. Comme ailleurs, parmi ces femmes, d’anciennes féministes ou sympathisantes, dont la parole est dégustée avec la gourmandise un peu obscène réservée auparavant aux confessions d’anciens Staliniens. Les thèmes sont les mêmes qu’ailleurs, qu’aux USA notamment où ils sont empruntés : les féministes exagèrent, l’oppression des femmes c’est fini, le viol ça n’existe pas, le harcèlement sexuel non plus. »

« La campagne pour re-criminaliser le viol est issue de la réflexion des groupes dits de « prise de conscience » : de mise en commun et de partage de leurs expériences par les femmes, qui découvraient ainsi que leurs problèmes n’étaient pas particuliers, et n’avaient donc pas de solution individuelle. C’est la critique de la sexualité qui a permis la campagne pour le droit à l’avortement, pour la re-criminalisation du viol, contre la violence masculine dans les couples. Elle prenait à bras le corps les théories savantes et vulgaires sur la sexualité, et les déclarait nulles et non avenues, autant de rationalisations de la domination masculine. Cette critique est devenue quasiment inaudible devant le retour vengeur d’un érotisme patriarcal : la banalisation de la prostitution, de la pornographie, et du sado-masochisme qui est leur substrat commun.« 

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Retrouver l’élan du féminisme – Christine Delphy

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