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Energie solaire : Ségolène Royal crée un fonds de résistance photovoltaïque

Quand une Présidente de Région se concentre sur l’essentiel, ça donne ça :

Energie solaire , Ségolène Royal crée un fonds de résistance photovoltaïque

PAR L’EQUIPE DE DÉSIRS D’AVENIR | 12 MARS 2011

Nous avons réuni, à Poitiers Jeudi 10 Mars, l’ensemble des acteurs de la filière solaire pour tenter de trouver des solutions et sauver l’activité photovoltaïque après les décisions négatives du gouvernement qui bloquent le développement de ce secteur d’avenir, gisement de croissance et d’emploi (voir ci-dessous les vidéos de la conférence de presse).

En réduisant de 20% le tarif de rachat de l’électricité photovoltaïque, ce sont 25.000 emplois qui sont menacés dans un avenir proche

Aujourd’hui, j’ai donc demandé à tous les professionnels, tous les élus de « tenir bon » et de ne pas se laisser gagner par le découragement.

Ils ont d’ailleurs tous salué cet engagement de la Région, à l’image de Thierry Lepercq, le PDG de Solaire Direct qui a souligné l’importance de trouver, dans une collectivité territoriale comme notre Région, une confiance dans ces activités innovantes et un accompagnement quotidien.

La Région Poitou-Charentes, qui a développé l’un des plans solaires les plus ambitieux d’Europe, a donc décidé d’agir concrètement pour soutenir cette filière menacée :

1) création d’un « fonds de résistance photovoltaïque » pour ceux qui ont arrêté ou sont tentés d’arrêter leur activité afin qu’ils puissent poursuivre l’installation de panneaux solaires dans l’année qui vient, avec des avances remboursables permettant de réduire sensiblement le manque à gagner.

2) création d’une Société d’Economie Mixte régionale d’ici l’été pour donner de la visibilité aux industriels et aux consommateurs avec un plan d’investissement ambitieux permettant d’atteindre 1000 MégaWatts en 2020.

L’objectif est de favoriser la fabrication française de panneaux et de stabiliser le prix de l’énergie produite, en le rapprochant du prix du marché.

3) mobilisation des crédits du Plan Energie Solaire Régional pour financer les premiers projets de cette Société d’Economie Mixte.

4) lancement d’un appel à projets industriels, efficaces et respectueux de l’environnement.

Nous avons également eu le plaisir d’écouter Corinne Lepage, députée Européenne, Avocate, spécialisée dans le droit de l’Environnement . A travers une vidéo, elle a qualifié de « gravissimes » les décisions de l’Etat en la matière, un Etat qu’elle a accusé d’avoir renié le Grenelle de l’Environnement.

Je partage parfaitement ce point de vue.

Il semble évident que l’Etat a décidé de couper les ailes à toute forme d’énergies renouvelables , dès lors qu’elle représenterait une menace pour les lobbies en tout genre.

Mais nous nous battons, en Poitou-Charentes et je souhaite que d’autres fonds de résistance photovoltaïques naissent dans tout le pays pour accomplir enfin la mutation énergétique dont la France et ses citoyens ont besoin.

En 2012, une autre politique sera mise en place dans ce domaine également.

Très amicalement,

Ségolène Royal

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Ecologie, des idées qui prennent de la hauteur avec Segolène Royal : L’écologie n’est pas une punition

janvier 9, 2010 Laisser un commentaire
Quelle nouvelle taxe carbone en 2010 ?

L’écologie n’est pas une punition ! par Ségolène Royal

LE MONDE | 08.01.10 | 14h06

Ainsi donc, la taxe carbone était morte. Mais ce n’était en fait qu’un coma puisque nous saurons finalement en juillet à quelle sauce nous serons mangés. Voilà donc la réponse du gouvernement.

Malgré la censure du Conseil constitutionnel, écartée avec légèreté, malgré le rejet populaire massif, ignoré avec mépris, pour une simple raison : remplir les caisses que l’Etat a vidées. En clair, l’UMP utilise la décision du Conseil constitutionnel pour enjamber les élections régionales de mars et ainsi tenter d’esquiver la colère des électeurs, très vive en milieux rural et périurbain.

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En juillet, on nous expliquera que l’échec du sommet de Copenhague impose d’accepter ce nouvel impôt douloureux. Quant aux puissants industriels dans la ligne de mire du Conseil constitutionnel, gageons qu’ils seront in fine épargnés. Tout cela n’est pas sérieux et signe une véritable incompétence. Brisant le consensus, j’ai affirmé, dès le mois d’août 2009, que la taxe carbone était une mauvaise réponse à l’urgence écologique. Je n’accepte pas que l’écologie soit dénaturée et utilisée comme prétexte pour affaiblir un peu plus encore le pouvoir d’achat des Français en temps de crise.

Quant à l’efficacité écologique de cette taxe face à l’enjeu du réchauffement climatique, je la conteste. Qu’est-ce qui est en jeu ? Ni plus ni moins que la survie de l’espèce. Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous poursuivons sur la voie d’un mode de vie insoutenable, dont nous savons tous qu’il provoquera à brève échéance un véritable « écocide ».

Soit nous changeons radicalement de comportement. Il faut donc agir sur tous les leviers pour réduire les émissions de CO2, organiser la conversion massive de la production au changement énergétique, afin de nous proposer un mode de consommation sobre car nous sommes prêts à modifier nos comportements si on nous donne les moyens de le faire.

Ce n’est malheureusement pas la voie qui a été suivie en France. Avec la taxe carbone, le gouvernement a pris la responsabilité de décourager des millions de familles. Et là où il aurait fallu être à l’écoute du plus grand nombre, il n’y a eu que connivence consistant à exonérer de l’impôt les grandes firmes à l’origine des principales pollutions industrielles. Je le maintiens : la taxe carbone est un impôt injuste pour toutes celles et tous ceux qui n’ont ni le choix ni les moyens de prendre les transports en commun, d’acquérir un véhicule électrique ou de changer de chaudière.

Je n’ai jamais pensé que l’écologie devait se défendre par la punition. Elle doit se défendre par l’impulsion, par l’orientation et l’envie de participer à un projet de civilisation. C’est ce que l’Assemblée des régions à laquelle je participais a mis en avant à Copenhague, sachant que 80 % des actions le sont à un niveau infranational. Dès le départ, le débat a été vicié par les approximations qui ont entouré le projet. On a pensé que le terme de « fiscalité écologique » rendrait l’imposture inattaquable.

Que la « mode verte » obscurcirait notre jugement et notre faculté de discernement. C’était tenir en bien grand mépris et l’écologie et les citoyens. Il faut choisir : soit la taxe est destinée à modifier des comportements et son rendement tend vers zéro, les contribuables ayant réellement la possibilité d’arbitrer entre payer et changer de mode de consommation. Soit la taxe se substitue à un autre prélèvement et c’est alors avouer qu’elle est bien destinée à produire des recettes.

En prétendant que la taxe carbone avait vocation à se substituer à la fiscalité sur le travail, le gouvernement n’a pas pu cacher la nature profondément libérale de ce nouvel impôt, au diapason de sa politique fiscale globale.

Face à ces errements, il est possible d’opposer une conviction : la révolution verte ne se fera pas contre le peuple, mais avec lui et pour lui. La révolution verte, c’est le développement des éco-industries, d’une agriculture biologique, l’extension des énergies propres, la recherche d’une plus grande sobriété, l’investissement dans les éco-industries mais aussi la création de principes budgétaires justes et efficaces appliquant réellement le principe pollueur-payeur.

Ministre de l’environnement, j’ai créé dès 1992 la taxe sur les déchets et l’éco-emballage, deux exemples de taxes écologiques efficaces et créatrices d’emplois. La fiscalité n’est évidemment pas le seul système pour réduire les émissions de gaz carbonique. La puissance publique peut aussi recourir à la réglementation (interdiction de dépasser un seuil de pollution par exemple) ou aux incitations. L’impôt n’est qu’un outil parmi d’autres pour tendre vers l’ex-cellence environnementale et l’écologie ne doit jamais être un prétexte pour réduire le pouvoir d’achat.

En tout état de cause, trois principes intangibles doivent présider à la création d’une fiscalité verte. Elle doit d’abord être efficace. Elle doit pour cela s’appuyer sur le libre choix laissé au contribuable et être postérieure à une offre de qualité en transports en commun et voitures propres. Elle doit ensuite être juste. Non à un impôt sur les déplacements du périurbain et des zones rurales. Non à un impôt sur les plus modestes.

Mais oui à une taxe pour Total, qui réalise des bénéfices exceptionnels (13,9 milliards d’euros en 2009 ) et qui profite des hausses d’émissions de gaz à effet de serre. Oui à une baisse de la TVA sur tous les équipements et produits propres. Oui au bonus-malus, sur le modèle du bonus automobile, dont nous avons tous constaté le succès fulgurant. Elle doit enfin être accompagnée d’actions concrètes, concernant l’isolation des logements et plus largement la réduction de la consommation d’énergie.

La décision du Conseil constitutionnel donne au gouvernement la chance inespérée de prendre enfin la bonne direction. Il est encore temps. Sinon, nous serons dans une véritable impasse. Car c’est bien une autre civilisation qu’il nous faut inventer.

Les peuples y sont prêts. Ils sont en avance. Là est la lueur d’espoir entretenue, envers et contre tout, par Copenhague. A nous, responsables politiques, de nous placer à la hauteur des attentes pour mieux les accompagner sur un chemin à la fois difficile et porteur d’espoir.


Ségolène Royal est présidente de la région Poitou-Charentes, ancienne ministre de l’environnement.

Ségolène Royal : Le courage de dire « non » !

décembre 30, 2009 1 commentaire

Par l’équipe de Ségolène Royal

Le conseil constitutionnel a annulé hier soir la taxe carbone. Ségolène Royal salue cette décision, avec laquelle elle est en plein accord, ayant été la première à dénoncer, face au consensus général, ce nouvel impôt « Sarkozy » repeint en vert.

C’était à l’Université d’été de la Rochelle, en Août dernier.

Lors de son discours d’ouverture, elle avait évoqué « un nouvel impôt, injuste insupportable et historiquement décalé », accusant le gouvernement « de faiblesse politique » notamment sur les véhicules électriques en ne donnant pas aux français les moyens de rouler « propre ».

Ségolène Royal plaidait, à contrario, pour une fiscalité écologique juste, qui encourage en priorité les transports propres plutôt qu’une fiscalité punitive qui décourage les consommateurs. Un plaidoyer pour la croissance verte qu’elle met en œuvre dans sa région depuis 6 ans, que ce soit à travers la voiture électrique Heuliez, le plan photovoltaïque ou encore le lycée Kyoto.

Il serait savoureux de nous livrer à une petite revue de presse des déclarations alambiquées ou hostiles qui ont suivi sa prise de position. Rappelons pour mémoire celle de Jack Lang, accusant Ségolène Royal de se livrer à une opération « populiste et opportuniste », ou de Cécile Duflot, la Secrétaire Nationale des Verts qui aujourd’hui , se réjouit de l’annulation de la taxe carbone mais qui, à La Rochelle, dénonçait, sans la citer «la démagogie» de l’ex candidate, Daniel Cohn Bendit lançant même un «Elle est à l’est !»

Aujourd’hui, tout le monde semble avoir retrouvé le Nord sur sa boussole et applaudit. Nous nous en réjouissons. Mais depuis le début, cette taxe était injuste et il fallait le dire .

Elle était injuste car elle assommait les ménages. C’est d’ailleurs en partie sur la base de l’inégalité de traitement entre les ménages et les entreprises que le Conseil Constitutionnel l’a annulée hier soir.

C’est une très bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat des français et contre la pression fiscale intolérable exercée par le gouvernement sur les citoyens. Ségolène Royal s’en réjouit.

Une fois de plus, elle démontre que la politique est avant tout affaire de courage, y compris celui de dire « non » à l’injustice face au consensus, aux appareils politiques, et à la machine UMP.

Ce courage de « chercher la vérité et de la dire » comme l’écrivait Jean Jaurès , qui illustre , à nos yeux, la véritable compétence politique .

Copenhague : Après la cruelle déception, le combat citoyen continue !

décembre 19, 2009 1 commentaire

Le Sommet de Copenhague s’achève sur une cruelle déception, due au manque de courage et de volonté politique des Chefs d’Etats .

Mais nous ne pouvons pas en rester là.

Une force citoyenne est née sur la question environnementale et sur l’aide aux pays pauvres.

Que ce soit dans les régions ou dans les villes, nous , les citoyens, nous démontrons que nous sommes bien souvent à l’avant-garde de la lutte contre le réchauffement climatique et le rééquilibrage des rapports Sud-Nord.

C’est donc sur ce mouvement populaire et sur cette conscience planétaire que nous devons nous appuyer pour forcer les chefs d’Etat à prendre réellement leur responsabilité dans les mois qui viennent et éviter ainsi une catastrophe climatique.

Avec la conscience que nous devons léguer à nos enfants et à nos petits enfants une planète saine et vivante après l’avoir si longtemps maltraitée.

Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Ne nous arrêtons pas à cette cruelle déception et avançons pour faire aboutir, dans les prochains mois un accord concret.

Le combat continue.

Ségolène Royal

Ségolène Royal obtient que la voiture électrique d’Heuliez soit exposée à Copenhague dans le cadre du sommet sur le climat

décembre 16, 2009 3 commentaires


Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes, a obtenu l’accord de Ritt Bjerregaard, Maire de Copenhague, pour que les voitures électriques Friendly et Simplicity, premières voitures de nouvelles générations produites en Poitou-Charentes par Heuliez et Eco et Mobilité, soient exposées et puissent participer à la « Parade des véhicules électriques » organisée par la Ville de Copenhague mercredi 16 décembre à 11H dans le cadre du sommet mondial sur le Climat. Ségolène Royal a en effet demandé aux industriels d’Heuliez et Eco et Mobilité de l’accompagner à Copenhague. La présence dans cette ville de milliers de décideurs privés et publics du monde entier est l’occasion de faire connaître les voitures électriques à bas coût produites en Poitou-Charentes et de leur ouvrir ainsi de nouveaux marchés. La réduction des émissions de gaz carbonique passera par le remplacement progressif des véhicules à moteur par des voitures électriques. En agissant localement avec obstination pour assurer un avenir à Heuliez, Ségolène Royal et la Région Poitou-Charentes rejoignent ainsi l’enjeu mondial que représente la lutte contre les changements climatiques.

discours prononcé par Ségolène Royal à New York, devant l’Internationale Socialiste

septembre 25, 2009 Laisser un commentaire
Voici le discours prononcé par Ségolène Royal à New York, devant l’Internationale Socialiste, réunie le 23 septembre 2009 dans l’enceinte des Nations Unies à New York.
Chers amis de l’Internationale Socialiste,

Je voudrais tout d’abord remercier Georges Papandréou, Président de l’Internationale socialiste et Président du PASOK de nous donner l’occasion de nous réunir ici, aux Nations-Unies, en ce lieu si symbolique. Cher Georges, nous espérons chaleureusement que le peuple de Grèce t’accordera sa confiance lors des élections générales qui se tiendront dans quelques jours.

Merci également à Ricardo Lagos, ancien Président du Chili, pour le remarquable rapport qu’il nous a remis, au nom de la Commission pour une société durable. Ricardo, tu me confirmes dans l’idée que nous aurons plus que jamais, nous socialistes de tous les pays, une voix puissante et originale à faire entendre à Copenhague.

Merci également à Jallal Talabani, Président de la République d’Irak d’être à nos côtés cet après-midi.

Comme vous tous ici, je voudrais que les mots que nous prononçons soient déjà des actes. Et que « dire » soit déjà « faire ».

J’étais à Rio en 1992 comme ministre de l’environnement de la France. Je suis à New-York en 2009.

17 ans.

17 longues années.

Et un sentiment qui gronde dans le cœur et l’âme des peuples du monde, un sentiment qui emporte tout, un sentiment que nous connaissons bien, nous, progressistes, parce qu’il est au principe de notre engagement : la colère.

Tout a déjà été dit. Depuis longtemps. Depuis trop longtemps. Trop de mots. Trop de déclarations sans effets. La valeur des engagements s’est émoussée, la valeur des serments s’est érodée.

Les beaux discours sur les tribunes. Les effets de manche. « Notre planète brûle et nous la regardons brûler » ; « nous révolutionnerons le capitalisme financier ».

Et derrière, la petitesse et la rouerie, et tout le monde qui se regarde en chien de faïence, et tout le monde qui regarde son voisin pour savoir s’il ne sera pas mieux traité.

Le bal des hypocrites.

Le bal des cyniques.

Le bal de ceux qui ne comprennent pas que le temps est venu.

Le bal de ceux qui ne voient pas que les peuples sont fatigués des simagrées des puissants.

Alors j’aimerais devant vous ne prononcer qu’un verbe.

Un verbe venu du tréfonds de notre conscience. Un verbe élémentaire. Un verbe clair et sonore, ardent.

Un verbe pour redonner du courage aux millions de réfugiés climatiques.

Un verbe pour dire aux centaines de millions de victimes de la crise financière : « vos vies valent plus que leurs profits »

Ce verbe, c’est le verbe « agir ».

J’ai écouté le Président Obama ce matin devant la tribune de l’Assemblée générale des Nations-Unies. J’ai entendu la force de mots sobres et efficaces. Les mots « actions » et « responsabilité ».

Il a énoncé des règles simples et courageuses. « Donner l’exemple ». « Conjuguer nos forces pour inventer un avenir meilleur ». « Agir sans attendre que d’autres aient fait le premier pas ».

Voilà ce que doit être une politique de générosité et de fraternité mondiale.

Il est des tournures d’esprit avec lesquels nous devons impérativement rompre : les jeux tactiques sans retours, les stratégies à trois bandes, à cinq bandes, à milles bandes. « Si je fais un pas en avant, l’autre me suivra-t-il ? » ; « si je m’engage, moi, nation du Nord, dans une réduction de 80% de mes émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, les pays émergents n’en profiteront-ils pas ? » « Si je durcis les conditions de rémunération des traders, les autres places financières n’en tireront-elles pas un avantage à mon détriment ? »

Tout cela est fini. Les petits calculs de la realpolitik sont aussi dérisoires que vains lorsque ce qui est en jeu, c’est la survie de l’espèce elle même.

Que cela ne nous empêche pas de raisonner en termes d’intérêt bien compris. Bien sûr. Car loin de nous l’idée d’être des colombes naïves dans un univers d’acier. Mais je vous en conjure, regardons-le avec un peu de hauteur cet intérêt !

Car celui qui gagne, ce n’est pas celui qui ne lâche rien, c’est au contraire celui qui donne l’exemple et fait le premier pas.

Celui qui gagne dans le jeu international, c’est celui qui s’attire l’amitié des peuples, celui qui noue de nouvelles collaborations, celui qui respecte l’intérêt général.

Celui qui respecte contre celui qui méprise.

Celui qui est droit contre celui qui est tortueux et retors.

La nation la plus glorieuse aux yeux des générations futures, c’est celle qui, par la force contagieuse de sa vertu, aura su mettre en mouvement toutes les autres ; c’est celle qui, sans mots dire, par sa seule obstination à agir pour le mieux, aura contraint toutes les autres à se justifier. Et à agir à leur tour.

Regardez nos opinions publiques. Ne croyez-vous pas qu’elles demanderont des comptes à nos gouvernements si elles voient que d’autres vont plus loin, plus vite ?

La perception de notre commune humanité ne doit pas nous conduire à nier les concurrences, les intérêts divergents qui parfois nous opposent. Mais justement : retournons cette émulation, utilisons-là comme un levier d’Archimède, faisons en sorte qu’elle devienne une émulation pour le meilleur et non pour le pire.

***

Chers amis

Il est des moments de l’histoire où tout se cristallise, tout se dessine, tout se noue, tout se joue.

Nous vivons un tel moment.

Nous vivons une époque que les générations futures observeront en se disant : tout s’est décidé au cours de ces quelques mois de l’année 2009.

Tout, c’est d’abord les négociations sur le climat. Et je ne veux pas avoir à dire un jour à mes petits enfants : « nous n’avons pas été capables d’empêcher une hausse de la température du globe de plus de deux degrés, nous n’avons pas été capables de diminuer chez nous, dans les pays du Nord, nos émissions de plus de 80%. »

Je ne veux pas avoir à confesser un tel échec.

Et je suis sûre qu’aucun de nous ici ne le veut.

Alors la feuille de route est claire : objectifs chiffrés contraignants, étape intermédiaire en 2020 avec une réduction de 20% des rejets de gaz carbonique par rapport à 1990, réduction de 50% en 2050, 80 % pour les pays développés. Agissons enfin.

Tout, c’est ensuite l’avenir du capitalisme mondial. Je ne veux pas avoir à dire un jour à mes petits-enfants : « nous n’avons pas été capables de prévenir la grande crise mondiale des années 2020. » Je ne le veux pas et je suis sûre que personne ici ne le veut.

D’une certaine manière, nous avons la chance de pouvoir prédire l’avenir : si nous réformons en profondeur le système bancaire, par exemple en séparant banques de dépôts et banque d’affaires, si nous plafonnons les bonus des traders, si nous imposons des limites à la rémunération sans bornes que prélèvent les actionnaires, au détriment des salariés et de l’investissement dans l’entreprise, si nous faisons tout cela alors nous pourrons regarder les générations futures avec la fierté du devoir accompli.

Si nous ne le faisons pas, nous lirons dans leur regard un légitime reproche : celui de n’avoir pas fait tout ce qui était en notre pouvoir pour leur épargner ce dont nous avons été nous même les victimes expiatoires.

Tout, c’est également le désarmement mondial. Il se passe ces jours-ci des évènements inédits. Pendant quelques années, malgré la fin de la guerre froide, malgré la transformation profonde des conflits, nous avons pu croire que la réduction des arsenaux nucléaires marquait un pas. Mise en cause du Traité ABM sur les missiles anti-missiles, projet de bouclier aux marches de la Russie : la course semblait relancée, avec des effets de réverbération mondiaux, en Corée du Nord et en Iran notamment.

Des lueurs d’espoir apparaissent à nouveau. Enfin les Etats-Unis sont prêts à faire, courageusement, le premier pas en faveur d’une réduction. C’est une chance pour le monde entier.

Soutenons ces efforts partout. Ceux qui justifient la prolifération en pointant du doigt les Etats-Unis en seront pour leur frais.

Soyons vertueux partout. Nous n’en serons que plus légitimes pour combattre avec une fermeté et une détermination sans faille toutes les formes de prolifération.

Tout, c’est enfin les inégalités Nord/Sud. Là aussi plus de grands discours. Plus de déclarations. Mais des actes. Un prélèvement sur les transactions de change par exemple, cette fameuse contribution Tobin, dont on reparle à nouveau. Les opinions sont prêtes, aux gouvernements de leur emboîter le pas.

***

Il y a 70 ans éclatait le second conflit mondial. Notre liberté, notre dignité, notre humanité étaient menacées. Des Nations aussi antithétiques que les Etats-Unis d’Amérique et l’Union soviétique se rassemblaient pour vaincre un même péril. Unis face à la même menace, face à la même barbarie. Unis par la même fraternité d’armes.

C’est avec le même esprit d’union internationale que nous devons renouer.

Le temps est à l’action, le temps est à la décision, le temps est la prise de conscience radicalement lucide que tout se joue ces jours ci, ces semaines ci.

Nous avons encore la possibilité de décider librement de notre avenir. Mais nous n’avons plus beaucoup de temps. A nous de faire notre devoir. A nous de faire ce qui est juste. A nous de donner le meilleure de nous pour un monde meilleur.

Pourquoi j’ai voté Eva Joly

juin 13, 2009 2 commentaires

Tout est dans le titre – perso (et je suis loin d’être la seule) je n’ai pas du tout voté pour Cohn Bendit au premier chef mais bien pour Eva Joly. Cette façon de ramener, dans la presse, le vote EE uniquement sur CB m’hérisse un peu je dois dire … Voilà, c’est dit.