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L’égalité maintenant ! Le grand retour des 343 Salopes !

avril 2, 2011 2 commentaires

Cet appel a été publié dans Libération le samedi 2 avril 2011. Lancé par Osez le féminisme, il est signé par 343 femmes issues d’horizons et de générations divers.
Parmi les signataires : Florence Foresti, Carole Bouquet, Anne Sylvestre, Annie Ernaux, Sophia Aram, Isabelle Giordano, Christine Ockrent, Caroline Fourest, Rayhana, Claire Simon, Liliane Kandel, Michelle Perrot, Françoise Héritier, Rokhaya Diallo, Marion Sarraut, Giulia Foïs, Geneviève Fraisse, Agnès Bihl, Joy Sorman, Wassyla Tamzali, Yvette Roudy, Orlan, Florence Cestac, Loubna Méliane, Colombe Schneck, Fiammetta Venner, Marie-Françoise Colombani, Annick Coupé, Christine Bard, Bernadette Groison, Monique Antoine, Cathy Bernheim…
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Le 5 avril 1971, 343 femmes bravaient la loi, signant un manifeste pour dire haut et fort qu’elles aussi, parmi des milliers d’autres, avaient avorté. Elles revendiquaient un droit fondamental : celui des femmes à disposer de leur corps. Parmi elles, quelques-unes d’entre nous et d’autres qui auraient pu être nos sœurs, nos mères ou nos grands-mères.

Ce texte éclata comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà troublé de la domination masculine. Trop longtemps ignorées, méprisées, écrasées, les femmes s’organisaient, se révoltaient, revendiquaient. Aux côtés des militantes du mouvement de libération des femmes, les 343 ont forcé la porte de l’émancipation qui tardait trop à s’ouvrir. Elles ont contribué à ce que les générations suivantes puissent décider de leur vie. S’inscrivant dans un mouvement pour l’émancipation, elles on,t avec les féministes de nombreux autres pays, soulevé une onde de choc. Ce mouvement pour se débarrasser de toute forme d’oppression est vivant aujourd’hui dans l’engagement des femmes aux avants-postes des révoltes qui font souffler un vent de liberté en Tunisie, en Egypte, ou dans d’autres pays.
Nous sommes le 5 avril 2011. Des progrès importants ont été réalisés depuis 40 ans. Les femmes travaillent, endossent des responsabilités, s’engagent, prennent la parole dans l’espace public, choisissent leur vie, et leurs sexualités. Et pourtant, comme en 1971, parce que nous sommes nées femmes, nous demeurons assignées à notre sexe, maintenues en position subalterne, pendant toute notre vie.
Nous avons parfois la sensation cruelle de nous réveiller avec la gueule de bois. Nous touchons des salaires ou des retraites largement inférieurs à ceux des hommes. Nous assumons l’immense majorité des tâches ménagères. Nous sommes continuellement renvoyées à la sphère privée : notre corps, notre apparence, notre fonction éventuelle de mère. Beaucoup d’entre nous, parce qu’elles vivent en milieu rural, dans des quartiers défavorisés ou parce que les hôpitaux ferment, n’ont toujours pas accès à la contraception ou à l’avortement, libres et gratuits. Les portes des responsabilités politiques, économiques ou culturelles nous sont pour la plupart fermées. 75 000 d’entre nous sont violées chaque année en France et une d’entre nous meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon.
Une société ne peut avancer lorsque plus de la moitié de celles et ceux qui la composent est victime au quotidien de violences et de discriminations. Nous sommes devenues femmes sous le joug du patriarcat. Nous en avons assez.
Nous avons des droits. Nous nous sommes battues, à toutes les époques, pour les faire inscrire dans les lois et les faire avancer. Ces droits ne sont pas respectés. Les inégalités femmes – hommes persistent, moins visibles peut-être et plus insidieuses, mais tout aussi prégnantes et injustifiées.
Nous voulons atteindre l’égalité femmes – hommes dans les têtes et dans les faits. Nous exigeons aujourd’hui que nos droits fondamentaux deviennent réalité. Des mesures doivent être prises rapidement pour garantir l’égalité dans l’emploi, en faisant reculer la précarité du travail des femmes et en imposant l’égalité salariale. Il est temps de prévoir une éducation dès le plus jeune âge pour comprendre et remettre en cause les mécanismes de domination. Nous demandons que chaque femme puisse accéder à une contraception libre et gratuite, puisse avorter dans de bonnes conditions, être mère si elle en fait le choix. Il faut en finir avec les violences sexistes qui pèsent sur chacune d’entre nous.
Il est plus que temps de faire sauter le verrou ouvert par le manifeste des 343.
Nous ne demandons pas la lune. Nous exigeons juste l’égalité.

COMMUNIQUE ASSOCIATION SOS les MAMANS / RETRAITE: Quand le lobby des pères séparés rafle la bonification maternité !

septembre 15, 2009 3 commentaires
COMMUNIQUE ASSOCIATION SOS les MAMANS
RETRAITE: Quand le lobby des pères séparés rafle la bonification maternité !

Nous, mères et citoyennes, sommes révoltées par la remise en question et le partage des bonifications en lien avec la maternité et l’éducation des enfants, principalement (encore) prise en charge par les mères. Une proposition inacceptable et indécente au vu des inégalités flagrantes et pérennes qui marquent le parcours professionnel et sociétal de toutes les mères en France.

TOUT LE SYSTEME DES BONIFICATIONS DES MERES EST REVU suite à la demande d’un petit nombre (non significatif) de pères séparés, revendiquant le statut de « victime de discrimination », et le partage de ces bonifications au nom de « l’égalité homme/femme », auprès de la HALDE. Pour que les membres de la Haute Autorité puissent voir dans ces trimestres supplémentaires accordés aux mères un privilège indu, il faut que certaines données, pourtant dans le domaine public, aient échappé à leur sagacité.*

Egalité homme/femme, père/mère… Quelle égalité ????

A ce jour, les femmes qui perçoivent une retraite touchent 60% du montant moyen de la retraite des hommes. 56% des femmes qui soldent leur retraite ont une carrière incomplète en raison de trimestres manquants, 10% des femmes de plus de 65 ans n’ont aucune retraite personnelle et parmi les retraités qui touchent moins de 500 euros par mois, 83% sont des femmes. Le salaire moyen des femmes reste encore aujourd’hui inférieur de 20% à celui des hommes.
80% de ce que l’on appelle désormais communément les « travailleurs pauvres », sont des travailleuses, avec des temps partiels imposés.

Un système qui fonctionne grâce aux femmes

85% des femmes de 25 à 49 ans travaillent professionnellement …et donc cotisent directement au système de retraite.

L’égalité hommes-femmes ne gomme pas la différence père-mère

Même si certains peuvent le regretter, ce sont – encore en 2009 – essentiellement les mères qui prennent du temps pour s’occuper de leurs enfants:
– ce sont les mères qui sont enceintes et qui accouchent dans 100% des cas (contre 0% pour les pères),
– ce sont les mères qui prennent un congé parental dans 98% des cas (contre 2% pour les pères),
– ce sont essentiellement les mères qui font le choix d’arrêter de travailler quand les circonstances familiales l’imposent (famille nombreuse, enfant malade ou en difficulté, mutation du conjoint, etc.),
– ce sont les mères qui réduisent leur temps de travail quand le nombre d’enfants s’accroît,
– et 30% des femmes (contre 5% des hommes) travaillent à temps partiel.
Même quand elles continuent à travailler professionnellement, nombre de mères mettent entre parenthèses leur carrière pour être plus disponibles pour leurs enfants.

Quid de la proposition de la Délégation Aux Droits Des Femmes et à l’Egalité Des Chances Entre Les Hommes et Les Femmes, demandant qu’en cas de divorce, une compensation financière pour le conjoint qui a interrompu son activité professionnelle pour élever ses enfants (et qui se trouve pénalisé-e dans sa carrière et vis-à-vis de sa retraite) soit attribuée lors du jugement du divorce au nom de la solidarité au sein du couple ??

Le lobby des pères séparés tourne à plein régime

Les associations de défense des droits des pères séparés sont montées au créneau pour leurs « droits » (on les entend moins sur leurs « devoirs » !).
Après la loi sur la coparentalité de 2002 (et le partage « équitable d’enfant »), après le décret instituant le partage des allocations familiales pour les pères divorcés dans le cadre des gardes alternées (qui peuvent être imposées par un magistrat à la demande d’un seul parent), voici : le partage des bonifications en lien avec la maternité dans le cadre de la retraite.

« Depuis octobre 2005, la Haute Autorité a été saisie de nombreuses réclamations de pères de famille ayant élevé seuls leurs enfants et relevant le caractère discriminatoire de l’article L351-4 du code de la sécurité sociale en ce qu’il ne réserve qu’aux mères le bénéfice de majoration de durée d’assurance dans le calcul des pensions de retraite. »
(Délibération du 27 octobre 2008 de la HALDE)

« Nous sommes d’autant plus vigilants qu’il semble bien, à travers les courriers très similaires qui nous parviennent, que des associations se sont déjà emparées de cette question et s’emploient à faire valoir les droits des pères. » Danièle Karniewicz, présidente de la CNAV.

« Il est à craindre que les premières pistes évoquées soient une nouvelle fois contraires à la jurisprudence européenne et que la possibilité offerte aux pères de bénéficier de la moitié de l’avantage ne conduise encore plus à de nombreux conflits notamment dans le cadre des couples divorcés ».
Député Philippe Viguier, député du Nouveau Centre

Sur son site, la plus « célèbre » des associations défendant les droits des pères séparés, SOS PAPA, se pose comme « l’interlocuteur privilégié de l’état et des décideurs pour tout ce qui concerne la famille » précise qu’ils travaillent en lien direct « avec les Ministères, les Députés, les Sénateurs, les médias, les élus locaux, les travailleurs sociaux » et prétend représenter dorénavant «une vraie force féministe en lutte contre certaines force anti-féministes, réactionnaires, misandres ».

Pour illustrer ce « nouveau » postulat, SOS PAPA a porté plainte auprès de la HALDE (une fois de plus) contre Madame Valérie Létard (et précédemment Mme Catherine Vautrin) pour « la campagne scandaleuse » de lutte contre les violences faites aux femmes. Une campagne qui « met en accusation les hommes et place en victimes les femmes » et qui « n’a pas de fondement. » Sans commentaire !

Nous attendons que la Cour Européenne impose des cellules psychologiques pour hommes giflés, et condamne à l’avenir toutes réactions déplacées des femmes battues contre leur agresseur.

Un aveuglement… idéologique ?
Mona Chollet, pour Le Monde Diplomatique

« Pour que les membres de la Haute Autorité puissent voir dans ces trimestres supplémentaires accordés aux mères un privilège indu, il faut que certaines données, pourtant dans le domaine public, aient échappé à leur sagacité. Le fait d’avoir un enfant dans les sept premières années de vie active pèse essentiellement sur la situation professionnelle des jeunes femmes, note ainsi l’Observatoire des inégalités. Alors que les hommes en couple restent dans tous les cas pour plus de 90% à temps plein, les femmes ne sont plus que 68% à travailler à temps complet avec un enfant et seulement 39% avec plusieurs enfants. Parmi les femmes qui ne travaillent pas à temps complet, une partie est au chômage et une autre occupe un temps partiel.»

Rappelons que les femmes, en France, occupent 80% des emplois à temps partiel, le plus souvent faute de mieux. Et même si elles travaillent à temps plein, c’est avec un salaire moindre qu’aucune différence de qualification ou d’ancienneté ne justifie. […]

La charge mentale et matérielle de la famille continue de peser essentiellement sur les mères. […] Entre 1986 et 1999, la part des tâches domestiques effectuées par les hommes n’a connu qu’une très légère augmentation : les femmes en assument toujours les deux tiers — et même 80% pour le «noyau dur» des tâches ménagères. […] Après la séparation du couple, ce sont le plus souvent elles qui, on l’a vu, doivent faire face à l’entretien de la famille, alors que par ailleurs la maternité les a placées en position de faiblesse sur le marché du travail. En 1998, selon l’INSEE, un tiers seulement des pensions alimentaires étaient régulièrement et entièrement versées. On ne s’étonnera pas de découvrir que la précarité et la pauvreté laborieuse ont un visage massivement féminin.

«Le cumul des handicaps féminins, fait remarquer Michèle Ferrand, paraît frappé d’une sorte d’invisibilité sociale.» Il est toutefois un peu gênant que cet aveuglement devant les inégalités touche aussi l’institution officiellement chargée d’y remédier. »

*Mona Chollet, pour Le Monde Diplomatique

http://4973.lapetition.be/ )