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hadopi : pas de féminisme possible sans liberté de l’internet ! Il reste 24 h pour convaincre votre député(e)

Paris, le 11 mai 2009 – L’HADOPI sera soumise au vote solennel de l’Assemblée nationale ce mardi 12 mai. En plein « Hadopigate », la pression est très forte sur les députés. Quelques jours après la condamnation du texte par le Parlement européen pour la quatrième fois consécutive, il reste 24h pour appeler les députés et les convaincre de rejeter le texte.

Mode d’emploi pour contacter son député : howto

Après EDVIGE, voici le temps de HERISSON

avril 30, 2009 Laisser un commentaire

23.03.2009

Corinne Lepage:

Après EDVIGE, voici le temps de HERISSON

Le projet HERISSON risque de faire couler autant d’encre que le fichier EDVIGE et ce d’autant plus qu’il convient de le rapprocher du projet de loi HADOPI.

De quoi s’agit-il ?

Hérisson signifie Habile Extraction du Renseignement d’Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées. Un appel d’offres avait été lancé en 2007 par la délégation générale de l’armement avec pour objet, la conception, réalisation et évaluation d’une plate-forme dédiée au traitement des sources ouvertes pour le renseignement militaire d’intérêt stratégique.

Il s’agit en réalité de surveiller tous les réseaux avec des technologies extrêmement poussées permettant le cas échéant de surveiller en réalité tous les acteurs du Web, en dehors de tout contrôle. En effet, le système s’intéresse à tous les contenus qui transitent sur les chats IRC, les mailings liste les forums, les réseaux sociaux, les newsgroups, les flux RSS, les blogs, podcasts, et les systèmes P2P , le système peut également gérer tous les e-mails et tous les formats de telle sorte qu’il n’y a plus aucun secret de la correspondance. Les radios et télévisions sont également visées puisque quel que soit le contenu (texte , image, son et vidéos), Hérisson peut les suivre. Il peut même faire mieux. En effet il accède aux caractéristiques brutes et aux métadonnées d’une image, peut identifier une personne dans une vidéo . Il peut bien sûr reconstituer les liens cachés et prendre ainsi en compte la problématique du Web invisible.

Toutes les informations sont ensuite stockées, mises à jour, archivées et peuvent être exploitées par un moteur multicritère. Ainsi, non seulement les messages, l’image d’une personne pourront être aisément fichée par hérisson mais encore, les liens de cette personne avec d’autres qu’elle aura ou non choisis pourront faire l’objet de toute une série d’extrapolation. Bien sûr, personne ne peut être opposée à ce que la défense nationale ne fasse évoluer ses moyens de contrôle de la sécurité nationale mais la difficulté vient précisément de ce que aucune assurance n’existe bien au contraire que cet immense instrument de contrôle ne sera pas utilisé à d’autres fins. Pensons un instant au nouveau rôle d’internet dans les campagnes politiques !

En réalité, c’est bien une société de surveillance généralisée qui se met en place. Ainsi, rappelons qu’en novembre 2008 Xavier Darcos et Valérie Pécresse avaient chacun lancé, un appel d’offre, respectivement d’un montant de 100.000 et 120.000 euros dont l’objet est «la veille de l’opinion dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche». La veille devait porter sur l’Internet ainsi que sur la presse écrite, les dépêches d’agence de presse, les baromètres études et sondages

Selon le cahier des clauses particulières, il s’agissait notamment d’«anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise», d’«alerter et préconiser en conséquence» ou encore de «repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence….

Le projet de loi HADOPI qui permet la riposte graduée, est contraire au demeurant à une résolution votée le 10 avril 2008 par le Parlement européen qui « invite la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l’homme et avec les principes de proportionnalité, d’efficacité et de dissuasion, telles que l’interruption de l’accès à l’Internet. »

Lors des Assises du numérique, le président de l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques et probable futur président de l’Hadopi s’est dit prêt à mettre en place « un processus de traitement automatisé permettant l’envoi de 10 000 messages d’avertissements par jour ». 10.000 messages par jours, ce sont 3,65 millions de messages par an.

Pour les envoyer, il faut connaître l’adresse IP de l’abonné, et demander l’adresse e-mail correspondante au FAI. Pour mettre en oeuvre la riposte, le nom de l’internaute devra être inscrit dans un registre communiqué aux fournisseurs d’accès à internet. Or par le passé, la CNIL n’a autorisé ce type de fichage qu’à la condition expresse que le nom de la personne soit retiré dès lors que le dommage qu’il a causé est réparé Or ici, le fichage reste actif pendant un an, sans que l’abonné n’ait la possibilité de mettre fin au dommage qu’il a causé par sa négligence. Pour cette raison, la CNIL a rendu un avis très réservé sur le projet Hadopi en termes d’opportunité et pour des raisons juridiques en raison de l’absence de proportionnalité entre l’atteinte à la vie privée (collecte de masse d’adresses IP, coupure de l’accès Internet) et le respect du droit de propriété (la protection des ayants droit), via une base de données personnelle monstre.

Ainsi, ce fichage des les internautes qui se met en place vient s’ajouter aux 45 fichiers déjà existants sans compter les 12 qui sont en préparation (contre 34 en 2006). Près de 8 millions de personnes sont aujourd’hui répertoriés dans les fichiers STIC et JUDEX , dont des victimes, des témoins et des personnes innocentées.

Il est clair qu’au nom de la sécurité , qu’elle soit intérieure ou extérieure, nous sommes en train d’entrer dans une société de surveillance généralisée dans laquelle non seulement les organes de contrôle, à commencer par la CNIL n’ont pas les moyens nécessaires pour remplir leur mission, mais de surcroît ne sont pas suivies quand il donne des avis négatifs et ne sont même pas consultés pour les menaces les plus graves comme le projet HERISSON. Il ne reste plus qu’ aux citoyens de défendre leur liberté.

Tribune France-Culture du lundi 23 mars

VICTOIRE ! ? Hadopi rejetée à l’Assemblée !

Hadopi rejetée à l’Assemblée !

Paris, le 9 avril 2009 –

L’Assemblée nationale a rejeté le texte, dans un revirement suprenant, lors de la discussion finale sur la loi HADOPI issue de la commission mixte paritaire, avec 15 voix pour et 21 contre. La voix des citoyens et des innombrables critiques1 qui se sont élevé contre ce texte absurde et dangereux aura fini par se faire entendre. Devant une majorité décomposée, elle-même en proie au doute2, le vote à main levé a définitivement rejeté ce texte, contre toute attente.

« Il s’agit d’une formidable victoire pour la démocratie. Ce vote prouve qu’il est encore possible de faire entendre la voix des citoyens. C’est un fantastique exemple de l’utilisation du Net pour contrer ceux qui tentent de le contrôler. Les libertés individuelles n’auront finalement pas été sacrifiées pour tenter de préserver les intérêts corporatistes de quelques industries obsolètes.

La loi HADOPI a été enterré plus tôt que prévu. » déclare Jérémie Zimmermann, co-fondateur et porte-parole de La Quadrature du Net. La Quadrature du Net invite toutefois ses soutiens à rester vigilants. Le rejet de l’HADOPI ne signifie en rien la fin de la volonté de contrôle d’Internet du gouvernement. Il est indispensable de continuer à user de l’intelligence collective et de la puissance du réseau pour rendre hommage à la justice et à la vérité.

Le cynisme des chiens

décembre 22, 2008 Laisser un commentaire

Jacky Dahomay professeur de philosophie à la Guadeloupe, démissionnaire du Haut Conseil à l’intégration.

Le récit ahurissant fait par un enseignant du Gers concernant l’intrusion dans sa classe de
gendarmes et d’un chien, m’a littéralement bouleversé. Et j’ai pleuré. De rage bien entendu.
Je suis un vieil enseignant, à la veille de la retraite. Ce métier a été ma seule vocation. Je me
suis toujours tenu pour le seul maître dans ma classe après Dieu (s’il existe bien entendu !) et
personne n’y rentre sans mon autorisation, ni chef d’établissement, ni inspecteur, ni ministre
et, a fortiori, ni gendarme ni chien. Impossible ! A moins d’un cas de force majeure grave que
le chef d’établissement devra m’expliquer au préalable. Je le dis donc tout net : si une telle
chose m’arrivait, je donnerais l’ordre aux élèves de désobéir. Telle est mon éthique de
professeur.

J’estime ma mission d’enseignant plus haute que ma propre sécurité. En vérité, depuis
quelques années, les enseignants s’accommodent de bien de choses inacceptables. Oublient-
ils ce principe républicain qui veut que l’instruction publique vise aussi à former des citoyens
incommodes ? Comment en est-on arrivé là ? Tout se passe aujourd’hui comme s’il y avait
une redoutable confusion des rôles, des institutions comme de leurs fonctionnaires. De toute
évidence, au niveau des responsables de l’Etat comme au sein de la population, il y a
confusion entre l’espace public propre à l’école et d’autres formes d’espaces publics ou
communs. Or, l’école n’est pas publique au sens ou peuvent l’être les chemins de fer, les
télécommunications ou la place du marché. Cela fait des années qu’on croit bien faire en
ouvrant l’école sur l’extérieur. La rue y est entrée, avec son lot de désagréments. Si la rue peut
enrichir l’expérience, seule l’école donne une véritable instruction. Comment des vérités aussi
élémentaires peuvent-elles avoir été oubliées ?

Admettons qu’un policier ait toute légitimité pour procéder à des fouilles dans les aéroports et
dans la rue (à condition bien sûr que cela ne s’adresse pas qu’aux basanés !). Cela lui donne-t-
il pour autant le droit de se substituer à l’autorité du maître dans sa classe ? On a du mal à
distinguer entre le maître qui impose une domination et le maître qui exerce un magistère. Et
comme ce principe s’est perdu, le maître-chien, fût-il gendarme, se sent autorisé lui aussi à
prendre la place de l’enseignant à l’école. Et quand un magistrat se permet de croire que la
peur du gendarme introduite brutalement à l’école est ce qui préservera les élèves de la
délinquance on se demande, bien que n’étant pas gaulois, si le ciel n’est pas tombé sur notre
tête ! La peur et la répression ont remplacé la mission éducative de l’école. Quel échec ! Sait-
on simplement que lorsque le chien et le gendarme se substituent à l’autorité du maître à
l’école, c’est que les loups hurlent déjà aux portes de nos villes. Il s’ensuit en général un bruit
de bottes sur les trottoirs.

Mon cœur donc gronde de colère et qu’on le laisse faire ! Il y a des moments où la raison
raisonnante devient impuissante et laisse place à l’indignation. Toutefois, des chiens,
préservons-nous de leur rage et de leur cynisme. J’emprunte cette expression, «le cynisme des
chiens», à Chateaubriand qui, dans ses Mémoires d’outre-tombe, l’utilise pour qualifier les
révolutionnaires qui, sous la Terreur, bons père de famille, emmenaient leurs enfants se
promener le dimanche en prenant soin de leur montrer en passant le dada des charrettes qui
conduisaient des citoyens à la guillotine. Le cynisme est dans la contradiction voulue et
assumée opposant les grands principes humanitaires qu’on affiche et la pratique quotidienne
du massacre de citoyens.

Aujourd’hui, nous avons affaire à une autre forme de cynisme. Dans le spectacle que donne à
voir par exemple le gouvernement actuel de la France. Le président Nicolas Sarkozy le
premier. Son cynisme consiste à affirmer une chose et son contraire. Dans son agitation
ultramédiatisée, il procède à une «désymbolisation» constante des institutions de la
république. Il y a bien là un travail d’affaiblissement de l’autorité de ces dernières. Pour
parodier Hannah Arendt, disons qu’il y a aussi perte d’autorité quand les adultes refusent
d’assumer le monde dans lequel ils ont mis les enfants, les vouant ainsi à une culture de la
violence. Le refus de l’éducation est l’étalage de la répression et le culte de la sécurité. C’est
ce refus de l’éducation qui pousse à vouloir incarcérer des enfants de 12 ans. Reste
maintenant à obliger des psychiatres à inventer une substance antiviolence qu’on inoculerait
aux femmes enceintes, sans leur consentement bien entendu.

Tout cela est grave, très grave. La démocratie ne fait pas toute la légitimité d’une république.
Un pouvoir tyrannique peut se mettre en place démocratiquement. L’histoire, comme on le
sait, ne se répète pas et les formes de totalitarisme à venir sont forcément inédites. Nous
sentons bien qu’une nouvelle sorte de régime politique, insidieusement, se met en place.
Quand, à l’heure du laitier, un journaliste est brutalement interpellé chez lui, devant ses
enfants ; quand des enfants innocents sont arrachés de l’école et renvoyés dans leur pays
d’origine ; quand une association caritative est condamnée à de lourdes amendes pour être
venue en aide aux sans-abri ; quand… Même si nous n’avons pas encore tous les éléments
théoriques permettant de penser ce régime inédit, il se présente déjà avec des signes certains
de la monstruosité. Face à tout cela, le Parti socialiste, principal parti d’opposition, se déchire
lamentablement. L’heure serait-elle venue, pour nous enseignants du moins, d’entrer dans la
désobéissance civile ?

Je ne parle peut-être pas d’outre-tombe mais je suis d’outre-mer. Comme beaucoup
d’Antillais, j’ai aimé une certaine France malgré l’esclavage et la colonisation, malgré Vichy
et la collaboration. Cette France qui, à deux reprises, a su abolir l’esclavage, celle des droits
de l’homme et des valeurs universelles. Celle dont l’école, malgré ses aspects aliénants pour
nous, a su donner le sens de la révolte à un Césaire ou à un Fanon. Qu’il faille dépoussiérer
cette vieille école républicaine ne signifie pas qu’on doive la jeter avec l’eau du bain. Est
aussi à réviser cette identité républicaine hypocrite qui a du mal à s’ouvrir à la diversité. Et
quand on constate que Monsieur Brice Hortefeux, ministre de cet affreux ministère de
«l’Intégration, de l’Identité nationale et de l’Immigration» aux relents franchement
vichyssois, se permet de réunir, à Vichy précisément, les ministres européens chargés des
questions d’immigration, on peut légitimement penser qu’il y a là une continuité conservatrice
inquiétante. Ce ministre a rendu visite le 10 décembre au Haut Conseil à l’intégration. Je n’y
étais pas. J’ai démissionné du HCI. Cette France, qui vient ou qui se met en place
sournoisement, je ne l’aime pas. Devrions-nous alors, d’outre-mer, faire dissidence ? Je ne
sais pas. Ce qui est sûr en tout cas c’est que la plus grave erreur serait de se dire, comme à
l’accoutumée, que les chiens aboient et que la caravane passe.

L’écrivain Edouard Glissant s’est associé à Jacky Dahomay. Dans un message parvenu hier à
«Libération», il s’adresse ainsi au président du Haut Conseil à l’intégration : «J’ai le regret de
vous présenter ma démission de membre du Haut Conseil à l’intégration. Celle-ci s’appuie sur
ce qui a été prononcé par mon collègue, Jacky Dahomay, avec qui je suis en complet accord.»

un fichage d’opinion des enseignants sera mis en place pour la France

novembre 10, 2008 3 commentaires

Darcos d’abord sur Reuters

Xavier Darcos veut « repérer les leaders d’opinion »

ORLEANS, Loiret (Reuters) – Le ministère de l’Education nationale entend surveiller étroitement les blogs et les forums de discussion sur internet auxquels participent les enseignants français, au grand dam de syndicalistes du secteur.

Le ministère vient de lancer un appel d’offre ayant pour objet « la veille d’opinion » et son cahier des charges, paru au Journal officiel du 4 novembre dernier, est très précis.

Il prévoit que le prestataire retenu devra « identifier les thèmes stratégiques (…), décrypter les sources des débats et leur mode de propagation (…), repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau ».

Jean-Marc Vinauger, du syndicat Sud-Education du Loiret, s’est insurgé contre la création de cet outil qui, selon lui, démontre que le gouvernement veut contrôler les opinions contestataires, des mouvements de grève ayant accueilli sa volonté de supprimer 13.500 suppressions de postes en 2009. A la rentrée 2008, 11.200 postes ont déjà été supprimés.

« Le ministre, qui affirme dans la presse que les enseignants adhèrent largement à ses réformes, est si sûr de lui qu’il lance un appel d’offre à des officines privées pour la modique somme de 220.000 euros par an afin de détecter les foyers d’agitation », déclare Jean-Marc Vinauger.

Au cabinet de Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, on dément ces accusations tout en reconnaissant une attention particulière portée à l’opinion des agents.

« Il s’agit d’un appel d’offre renouvelé chaque année depuis 2006 », précise-t-on à la délégation communication du ministère.

« Ce qui est nouveau, c’est la place occupée aujourd’hui par les forums et les blogs sur internet. Il est très intéressant pour un ministre de connaître l’opinion de ses agents et en premier lieu des enseignants », explique-t-on au ministère.

« Il n’est pas question d’un esprit de fichage, mais d’une connaissance plus fine de la façon dont les enseignants perçoivent la politique de leur ministre. »

Les principaux syndicats d’enseignants des collèges et lycées ont appelé à la grève le 20 novembre contre le projet de budget pour 2009 qui prévoit des réductions d’effectifs, rejoignant ainsi l’appel des enseignants du primaire.

Mourad Guichard, édité par Yves Clarisse

Lire aussi ce texte en provenance du blog résistance pédagogique

Puis ce document qui circule sur le net depuis qq jours et que je met a dispo dans la colonne de droite … C’est un appel d’offre pour une veille d’opinion sur le net très orienté éducation – cela ne fera que renforcer la mobilisation de résistance des enseignants qui doivent faire une manifestation de très grande envergure ce 20 Novembre

J’ai fait trois captures d’écran :

veille_01

veille_02

veille_03