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Comment financer notre Conseil de l’Egalité ?

novembre 23, 2008 Laisser un commentaire

Comment financer notre Conseil de l’Egalité ?

jeudi 20 novembre 2008, par Geneviève Couraud

Quelques éléments précis suite à un article du Canard Enchaîné du 19 novembre.

Les partis politiques qui ne présentent pas 50% de candidates aux législatives (en fait 48%, il y a une tolérance de 2%), sont astreints à une retenue sur leur dotation annuelle, improprement appelée « pénalité ».

En 2002 , pour n’avoir présenté que 36,1% de femmes, le P.S. s’est vu retenir 1.651.806€ par an, soit 8.250.000€ environ sur la législature (et non pas seulement en 2006 et 2007, ainsi que le dit le Canard Enchaîné dans son édition du 19 novembre). Cela correspond à 15,4% de son financement. Ce n’est pas rien !

En 2007, les efforts paritaires du P.S. lui ont permis de présenter 46,5% de candidates ; il n’est donc plus astreint à une retenue aussi élevée. Celle-ci est de 516.806,4 € pour 2008 ; et là encore c’est une retenue qui sera chaque année imputée à sa dotation annuelle.

Dans le même temps, celle de l’UMP est de 4.127.040,7€, pour non respect de la parité.

Bravo le P.S. ! Mais grâce à qui ?

Grâce à toutes ces candidates socialistes qui ont accepté de se présenter sur des circonscriptions « de témoignage », c’est à dire non-gagnables, voire perdues, afin de remonter notre score (et notre image), et auxquelles personne n’a songé à dire « merci ». Certaines qui se reconnaîtront sont même encore en train de rembourser l’emprunt qu’elles ont du faire pour financer leur campagne.

Nos camarades candidates étaient en effet, en 2007, 35% à se présenter sur des circonscriptions gagnables, et 65% à se présenter pour l’honneur du P.S. et … pour renflouer ses caisses.

Je demande au nom des « EgalEs » que cet argent gagné par les femmes du Parti socialiste revienne aux femmes socialistes par le biais du secteur-femmes et du Conseil Mixte de l’Egalité dont nous proposons la création.

Ainsi, à l’exemple des mouvements d’éducation populaire, le parti socialiste pourra-t-il instaurer une vraie démarche vers la parité, bien en amont des travaux de réservation de circonscriptions et de désignation des candidatEs, en permettant aux femmes socialistes, par la prise en charge de leurs déplacements et de leurs séjours, de venir suivre des formations diverses, jusqu’ici de fait réservées à celles qui peuvent payer, ou qui sont déjà élues, ce qui est éminemment injuste et ne permet pas de faire émerger un indispensable vivier de femmes.

L’intervention de Ségolène Royal à Reims sur ce sujet, si elle n’était pas aussi précise dans le détail, est globalement exacte, et reprend à son compte une des revendications fortes des femmes socialistes.

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CONGRES NATIONAL REIMS : TEXTE DE L’INTERVENTION DES « EgalEs »

novembre 19, 2008 Laisser un commentaire

CONGRES NATIONAL REIMS

dimanche 16 novembre 2008, par Geneviève Couraud

TEXTE DE L’INTERVENTION DES « EgalEs ».

Mes cherEs camaradEs,

Je m’exprime ici à cette tribune du congrès de Reims, au nom des 800 signataires – dont 35 % d’hommes – de la Contribution des « EgalEs » dont les auteures sont avec moi, Yvette ROUDY, Claire DONZEL, Brigitte PERILLIE et Maud OLIVIER.

Nous, les EgalEs venons de toutes les fédérations socialistes.

Si je suis pour ma part signataire de la motion E, notre contribution est, ainsi que nous nous y sommes engagéEs dès le début de notre aventure, trans-motions. D’autres EgalEs se retrouvent dans toutes les motions de notre congrès. Et je salue celles et ceux qui sont présentEs dans cette salle.

Nous parlons ici d’une seule voix.

Ce qui nous réunit, ce que nous voulons, c’est aller vers plus d’égalité entre les femmes et les hommes dans notre parti, dont nous voulons que soit renouvelé à cet égard le mode de fonctionnement .

Et nous avons des propositions à faire !

Bien sûr les femmes sont aujourd’hui présentes à égalité – c’est la loi- dans les Conseils Municipaux et Régionaux, et au Parlement Européen, mais où sont-elles dans les collectivités urbaines (EPCI), où sont-elles dans les Conseils généraux ?

Où sont-elles dans les assemblées parlementaires ?

Et si l’on considère globalement la place des femmes département par département, tous partis confondus, sur 105 départements, 46 ne sont représentés par aucune députée (et le parti socialiste n’y est pas pour rien), 61 par aucune sénatrice, sans compter les 3 départements qui n’ont aucune femme conseillère générale.

Et qu’il s’en trouve un pour n’avoir ni députée, ni sénatrice, ni conseillère générale !

Oui, le P.S. a, quant à lui, fait des progrès, il est ainsi passé en 2007 de 23 femmes députées à l’Assemblée Nationale à 50, il a de même gagné en 2008, 8 sénatrices.

Un progrès, certes… mais ce n’est pas la parité !

Nous pensons, nous les « EgalEs », que nous devons, parce que nous sommes socialistes, donner l’exemple et commencer, au fait, par nous appliquer la parité à nous-mêmes.

Alors, comment ? Rien de plus facile :

en prenant 4 dispositions que nous pouvons mettre en place le temps de deux mandats (2x5ans).
– non-cumul des mandats dans l’espace,
– non-cumul dans le temps (pas plus de trois mandats successifs),
– mise en place d’un dispositif paritaire pour les élections intermédiaires et partielles, et ce dès à présent,
– statut de l’EluE à construire là, tout de suite, maintenant.

Dispositif bien entendu assorti de règles et de sanctions.

Et puis nous voulons en finir en interne de notre parti avec les pratiques archaïques qui sont trop souvent les nôtres. Nous voulons une parité stricte dans nos instances, toutes nos instances, fédérales et nationales.

Nous demandons encore la mise en place d’un Conseil Mixte de l’Egalité – et cela tout de suite, au sortir du Congrès de Reims- fonctionnant comme une instance de vigilance, doté de moyens qui établira des règles de fonctionnement, et veillera à l’application de la parité.

Nous savons très bien que le pouvoir dans notre parti n’est pas là où il devrait être, dans ses instances élues, mais qu’il est dans des cénacles quasi-exclusivement masculins : nous voulons qu’il revienne là où il doit être démocratiquement.

L’histoire nous enseigne que c’est lorsqu’elles sont enfin visibles en politique que la vie des femmes, de toutes les femmes, peut enfin changer dans le bon sens. Et à cet égard, l’arrivée des femmes en politique, ce n’est pas 1944, l’année où le droit de vote leur est enfin accordé, c’est 1965, l’élection au suffrage universel du Président de la République où elles ont enfin été prises en considération parce que formant 53% du corps électoral.

Et c’est justement alors qu’arriveront en 1967, la libéralisation de la contraception, en 1975 la loi qui autorise et encadre l’avortement, puis après 1981, les grandes lois sur l’égalité professionnelle que nous devons à Yvette Roudy, et au gouvernement de Pierre Mauroy.

La trop faible place laissée aux femmes dans les postes de responsabilité et de décision, et donc la médiocre prise en compte des sujets qui les touchent de plus près conduisent notre parti à être absent de toutes les vraies grandes réflexions de l’avenir de notre pays : vieillissement de la population, santé des femmes et des hommes, retraites, éducation des enfants, violences envers les femmes ( vous le savez, 1 femme meurt tous les 2 jours sous les coups d’un homme) travail des femmes, pauvreté.

Et que dire du recul de la laïcité dont Yvette Roudy m’a recommandé de parler, qui nous touche de plein fouet, en particulier dans notre droit à disposer de notre corps ?

Que dire du devenir des associations travaillant dans la sphère des droits des femmes ?

Non, mes chers camaradEs, ce ne sont pas des sujets de « bonnes femmes », ce sont des questions qui concernent les hommes et les femmes ensemble, à égalité.

3 motions ont répondu favorablement à notre interpellation, ce sont les motions B (pôle écologique), E, et F (Utopia), et nous les en remercions.

Nous ne sommes pas loin de penser, mes cheEs camaradEs, que notre élan des EgalEs dépasse le débat fratricide des motions, et nous vous demandons à toutes et tous, à égalité, d’écrire à Reims une nouvelle page de notre histoire socialiste et féministe.

Je vous remercie.