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discours prononcé par Ségolène Royal à New York, devant l’Internationale Socialiste

septembre 25, 2009 Laisser un commentaire
Voici le discours prononcé par Ségolène Royal à New York, devant l’Internationale Socialiste, réunie le 23 septembre 2009 dans l’enceinte des Nations Unies à New York.
Chers amis de l’Internationale Socialiste,

Je voudrais tout d’abord remercier Georges Papandréou, Président de l’Internationale socialiste et Président du PASOK de nous donner l’occasion de nous réunir ici, aux Nations-Unies, en ce lieu si symbolique. Cher Georges, nous espérons chaleureusement que le peuple de Grèce t’accordera sa confiance lors des élections générales qui se tiendront dans quelques jours.

Merci également à Ricardo Lagos, ancien Président du Chili, pour le remarquable rapport qu’il nous a remis, au nom de la Commission pour une société durable. Ricardo, tu me confirmes dans l’idée que nous aurons plus que jamais, nous socialistes de tous les pays, une voix puissante et originale à faire entendre à Copenhague.

Merci également à Jallal Talabani, Président de la République d’Irak d’être à nos côtés cet après-midi.

Comme vous tous ici, je voudrais que les mots que nous prononçons soient déjà des actes. Et que « dire » soit déjà « faire ».

J’étais à Rio en 1992 comme ministre de l’environnement de la France. Je suis à New-York en 2009.

17 ans.

17 longues années.

Et un sentiment qui gronde dans le cœur et l’âme des peuples du monde, un sentiment qui emporte tout, un sentiment que nous connaissons bien, nous, progressistes, parce qu’il est au principe de notre engagement : la colère.

Tout a déjà été dit. Depuis longtemps. Depuis trop longtemps. Trop de mots. Trop de déclarations sans effets. La valeur des engagements s’est émoussée, la valeur des serments s’est érodée.

Les beaux discours sur les tribunes. Les effets de manche. « Notre planète brûle et nous la regardons brûler » ; « nous révolutionnerons le capitalisme financier ».

Et derrière, la petitesse et la rouerie, et tout le monde qui se regarde en chien de faïence, et tout le monde qui regarde son voisin pour savoir s’il ne sera pas mieux traité.

Le bal des hypocrites.

Le bal des cyniques.

Le bal de ceux qui ne comprennent pas que le temps est venu.

Le bal de ceux qui ne voient pas que les peuples sont fatigués des simagrées des puissants.

Alors j’aimerais devant vous ne prononcer qu’un verbe.

Un verbe venu du tréfonds de notre conscience. Un verbe élémentaire. Un verbe clair et sonore, ardent.

Un verbe pour redonner du courage aux millions de réfugiés climatiques.

Un verbe pour dire aux centaines de millions de victimes de la crise financière : « vos vies valent plus que leurs profits »

Ce verbe, c’est le verbe « agir ».

J’ai écouté le Président Obama ce matin devant la tribune de l’Assemblée générale des Nations-Unies. J’ai entendu la force de mots sobres et efficaces. Les mots « actions » et « responsabilité ».

Il a énoncé des règles simples et courageuses. « Donner l’exemple ». « Conjuguer nos forces pour inventer un avenir meilleur ». « Agir sans attendre que d’autres aient fait le premier pas ».

Voilà ce que doit être une politique de générosité et de fraternité mondiale.

Il est des tournures d’esprit avec lesquels nous devons impérativement rompre : les jeux tactiques sans retours, les stratégies à trois bandes, à cinq bandes, à milles bandes. « Si je fais un pas en avant, l’autre me suivra-t-il ? » ; « si je m’engage, moi, nation du Nord, dans une réduction de 80% de mes émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, les pays émergents n’en profiteront-ils pas ? » « Si je durcis les conditions de rémunération des traders, les autres places financières n’en tireront-elles pas un avantage à mon détriment ? »

Tout cela est fini. Les petits calculs de la realpolitik sont aussi dérisoires que vains lorsque ce qui est en jeu, c’est la survie de l’espèce elle même.

Que cela ne nous empêche pas de raisonner en termes d’intérêt bien compris. Bien sûr. Car loin de nous l’idée d’être des colombes naïves dans un univers d’acier. Mais je vous en conjure, regardons-le avec un peu de hauteur cet intérêt !

Car celui qui gagne, ce n’est pas celui qui ne lâche rien, c’est au contraire celui qui donne l’exemple et fait le premier pas.

Celui qui gagne dans le jeu international, c’est celui qui s’attire l’amitié des peuples, celui qui noue de nouvelles collaborations, celui qui respecte l’intérêt général.

Celui qui respecte contre celui qui méprise.

Celui qui est droit contre celui qui est tortueux et retors.

La nation la plus glorieuse aux yeux des générations futures, c’est celle qui, par la force contagieuse de sa vertu, aura su mettre en mouvement toutes les autres ; c’est celle qui, sans mots dire, par sa seule obstination à agir pour le mieux, aura contraint toutes les autres à se justifier. Et à agir à leur tour.

Regardez nos opinions publiques. Ne croyez-vous pas qu’elles demanderont des comptes à nos gouvernements si elles voient que d’autres vont plus loin, plus vite ?

La perception de notre commune humanité ne doit pas nous conduire à nier les concurrences, les intérêts divergents qui parfois nous opposent. Mais justement : retournons cette émulation, utilisons-là comme un levier d’Archimède, faisons en sorte qu’elle devienne une émulation pour le meilleur et non pour le pire.

***

Chers amis

Il est des moments de l’histoire où tout se cristallise, tout se dessine, tout se noue, tout se joue.

Nous vivons un tel moment.

Nous vivons une époque que les générations futures observeront en se disant : tout s’est décidé au cours de ces quelques mois de l’année 2009.

Tout, c’est d’abord les négociations sur le climat. Et je ne veux pas avoir à dire un jour à mes petits enfants : « nous n’avons pas été capables d’empêcher une hausse de la température du globe de plus de deux degrés, nous n’avons pas été capables de diminuer chez nous, dans les pays du Nord, nos émissions de plus de 80%. »

Je ne veux pas avoir à confesser un tel échec.

Et je suis sûre qu’aucun de nous ici ne le veut.

Alors la feuille de route est claire : objectifs chiffrés contraignants, étape intermédiaire en 2020 avec une réduction de 20% des rejets de gaz carbonique par rapport à 1990, réduction de 50% en 2050, 80 % pour les pays développés. Agissons enfin.

Tout, c’est ensuite l’avenir du capitalisme mondial. Je ne veux pas avoir à dire un jour à mes petits-enfants : « nous n’avons pas été capables de prévenir la grande crise mondiale des années 2020. » Je ne le veux pas et je suis sûre que personne ici ne le veut.

D’une certaine manière, nous avons la chance de pouvoir prédire l’avenir : si nous réformons en profondeur le système bancaire, par exemple en séparant banques de dépôts et banque d’affaires, si nous plafonnons les bonus des traders, si nous imposons des limites à la rémunération sans bornes que prélèvent les actionnaires, au détriment des salariés et de l’investissement dans l’entreprise, si nous faisons tout cela alors nous pourrons regarder les générations futures avec la fierté du devoir accompli.

Si nous ne le faisons pas, nous lirons dans leur regard un légitime reproche : celui de n’avoir pas fait tout ce qui était en notre pouvoir pour leur épargner ce dont nous avons été nous même les victimes expiatoires.

Tout, c’est également le désarmement mondial. Il se passe ces jours-ci des évènements inédits. Pendant quelques années, malgré la fin de la guerre froide, malgré la transformation profonde des conflits, nous avons pu croire que la réduction des arsenaux nucléaires marquait un pas. Mise en cause du Traité ABM sur les missiles anti-missiles, projet de bouclier aux marches de la Russie : la course semblait relancée, avec des effets de réverbération mondiaux, en Corée du Nord et en Iran notamment.

Des lueurs d’espoir apparaissent à nouveau. Enfin les Etats-Unis sont prêts à faire, courageusement, le premier pas en faveur d’une réduction. C’est une chance pour le monde entier.

Soutenons ces efforts partout. Ceux qui justifient la prolifération en pointant du doigt les Etats-Unis en seront pour leur frais.

Soyons vertueux partout. Nous n’en serons que plus légitimes pour combattre avec une fermeté et une détermination sans faille toutes les formes de prolifération.

Tout, c’est enfin les inégalités Nord/Sud. Là aussi plus de grands discours. Plus de déclarations. Mais des actes. Un prélèvement sur les transactions de change par exemple, cette fameuse contribution Tobin, dont on reparle à nouveau. Les opinions sont prêtes, aux gouvernements de leur emboîter le pas.

***

Il y a 70 ans éclatait le second conflit mondial. Notre liberté, notre dignité, notre humanité étaient menacées. Des Nations aussi antithétiques que les Etats-Unis d’Amérique et l’Union soviétique se rassemblaient pour vaincre un même péril. Unis face à la même menace, face à la même barbarie. Unis par la même fraternité d’armes.

C’est avec le même esprit d’union internationale que nous devons renouer.

Le temps est à l’action, le temps est à la décision, le temps est la prise de conscience radicalement lucide que tout se joue ces jours ci, ces semaines ci.

Nous avons encore la possibilité de décider librement de notre avenir. Mais nous n’avons plus beaucoup de temps. A nous de faire notre devoir. A nous de faire ce qui est juste. A nous de donner le meilleure de nous pour un monde meilleur.

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Petit compte rendu du déplacement de Ségolène Royal par Najat Vallaud Belkacem.

avril 16, 2009 2 commentaires

sego_boubou

La coopération décentralisée entre Poitou Charente et Fatick a été jugée si exemplaire par le PNUD (Programme des nations unies pour le développement) qu’elle a été choisie comme modèle mondial de référence !!

5 avril 2009 – 13:13

Chers amis,

Puisqu’une certaine presse nous abreuve de sondages à coucher dehors, il me semblait utile de vous faire un compte rendu personnel du déplacement de Ségolène Royal au Sénégal auquel j’ai eu la chance de prendre part, et que ni les invectives de la droite française, ni les vaines polémiques, ni même encore les marques de mépris de quelques uns n’auront suffi à éclipser. Un déplacement historique qui nous aura un peu lavé de la honte et du malaise qui nous étreignaient depuis le discours tant décrié de Dakar du Président de la République. Un déplacement d’une densité politique et humaine extraordinaire, dont je souhaite vous faire partager quelques moments.

La politique par la preuve

Peut-être vous en souvenez-vous, à peine désignée par le parti socialiste en 2006, Ségolène Royal s’était rendue au Sénégal. Dans le village de Thiaroye, elle avait croisé la douleur infinie de mères atteintes dans leur chair par le drame de la disparition en haute mer de jeunes gens, dans la force de l’âge, partis chercher dans l’émigration clandestine un avenir meilleur. C’est ensemble qu’elles avaient décidé de surmonter l’insurmontable, de dépasser collectivement le désespoir en travaillant à offrir à leurs enfants des perspectives nouvelles. Pêche, artisanat, alphabétisation des femmes… Ségolène s’était alors engagée à soutenir ces initiatives. Parole tenue, la coopération décentralisée ne s’est pas démentie depuis lors et le camion frigorifique affrété par la Région Poitou Charente (qui leur rendra des services inestimables) en est un emblème.

Intense moment d’humanité que cette rencontre avec ces mères courage qui avaient décidé pour l’occasion de s’offrir chacune une tenue couleur de l’océan, en mémoire de leurs fils disparus, en bienvenue aussi à celle qui a su mettre en lumière leur combat depuis deux ans. C’est ce magnifique boubou bleu endossé par Ségolène Royal qui, à quelques centaines de kilomètres de là, inspirera à Alain Destrem, élu UMP, ce commentaire indigne sur lequel je me suis déjà exprimée…

Hommes et femmes de bonne volonté
A Thiaroye toujours, nous avons fait la connaissance des enfants des rues dont la plupart viennent de passer plusieurs mois, parfois des années, dans la rue, fugueurs, chassés de chez eux ou abandonnés (certains ont 6-7 ans…). L’association « Village pilote », présente sur place, se mobilise avec énergie pour leur venir en aide, en entreprenant un difficile travail de restauration de la confiance et de médiation avec ces enfants, puis avec leurs parents afin de les convaincre de les reprendre. Le Président du Conseil régional de Fatick, un homme d’une culture et d’une douceur inouïes, qui fut notre guide de luxe, nous a expliqué qu’il est de tradition au Sénégal que les familles envoient dès leur plus jeune âge les enfants passer 1 ou 2 ans dans des écoles où, aux cotés de camarades de toutes classes sociales, ils apprennent l’humilité en même temps que les prières et les travaux des champs. Cette pratique, qui fait des merveilles dans les villages où tout le monde se connaît, se transforme parfois en cauchemar dans les villes où certains marabouts (maitres d’écoles) mal intentionnés exploitent ces enfants, les envoient mendier et les battent lorsqu’ils reviennent les mains vides…C’est ainsi que se forgent ces « petits fugueurs de la misère » qui lorsqu’ils échappent à la vigilance d’associations dévouées comme celles-ci tombent dans la délinquance et souvent la drogue…

Ousmane Sow le magnifique …
Auprès des artistes, des jeunes chefs d’entreprise venus nombreux assister au dîner ce soir là, la délégation s’est nourrie de beauté, d’imagination, de créativité, d’ingéniosité. Chapeau bas en particulier à l’immense Ousmane Sow dont les œuvres magistrales avaient, il ya quelques années orné le pont des Arts à Paris, poursuivant en souvenir chacun de ceux qui comme moi ont eu la chance de les admirer. Chapeau bas aussi au rappeur Didier Awadi, pour ceux qui ne connaitraient pas sa musique, je vous invite vivement à decouvrir ses textes engagés.

Wade ou pas Wade ?
Ségolène Royal devait rencontrer le Président Abdoulaye Wade. Ce dernier lui-même, dans un courrier, disait son plaisir à la recevoir malgré une actualité chargée (les élections locales au Sénégal viennent juste de bouleverser l’équilibre politique, et en faisant place à une majorité de gauche dans les territoires, incitent le Président à un remaniement ministériel en cours…). Le rendez-vous aura bien lieu mais pas avec le Président, le ministre des Affaires étrangères puis le ministre de la coopération ayant assuré sa représentation avec beaucoup de gentillesse et d’efficacité.

En France, et plus encore au Sénégal, la presse s’emballe alors à propos de supposées pressions de l’Elysée destinées à ce que le rendez vous présidentiel n’aie pas lieu. Nous ne saurons jamais le fin mot de l’histoire… En tout état de cause j’ai trouvé le ministre des Affaires étrangères passionnant et je retiens de lui cette phrase à propos de Ségolène : « je regrette que nous n’appliquions pas le droit du sol, sans quoi vous seriez sénégalaise et voila tout ! »

Salle Léopold Sedar Senghor : l’ « autre discours de Dakar »
Lundi 6 avril- 16h- C’est formidable l’effet que le nom de Senghor produit sur le millier de spectateurs présents, studieux et effervescents à la fois. Des applaudissements nourris viennent cueillir chaque allusion au grand homme…

Après Ousmane Tanor Dieng, le chef du parti socialiste sénégalais, c’est au tour de Ségolène Royal de monter sur l’estrade. C’est en sœur du peuple sénégalais qu’elle s’adresse à la salle ; en Présidente de la région Poitou Charente soucieuse d’actions concrètes qu’elle décrit la coopération décentralisée qui lie sa région à celle de Fatick ; en responsable politique et en femme d’Etat qu’elle réclame davantage de justice dans les instances politiques et économiques internationales , à commencer par le G20 dont le continent africain en tant que tel est cruellement absent ; c’est enfin en simple citoyenne et élue de la République française qu’elle demande deux fois pardon :

« Pardon » pour le mépris, l’arrogance, le contre sens historique d’un certain discours prononcé à Dakar en 2007 .

« Pardon » aussi, cela a été moins commenté, pour cette histoire commune faite de drames entre l’Europe et l’Afrique, pour les siècles d’esclavage et de colonisation.

« Merci » aussi, merci pour les tirailleurs sénégalais sans lesquels, le 8 mai 1945, jamais la France n’aurait retrouvé sa liberté.

Enfin, pour l’avenir, un « s’il vous plait » rare et précieux, « s’il vous plait, a-t-elle dit aux Africains, construisons ensemble ».

Lorsque je lui ai demandé, quelques heures plus tard le sens de cette dernière phrase, son visage s’est assombri : « les Africains, m’a-t-elle répondu, n’en peuvent plus de notre arrogance, de notre ingratitude, de nos barrières. Déjà c’est vers le Canada et non plus la France que les étudiants se tournent. Demain, il en ira de même pour les échanges commerciaux comme pour les échanges humains. Vois comme la Chine ou les Emirats investissent ici. Bientôt les échanges se cantonneront à du « Sud-Sud » et nous serons invités en Europe à aller nous faire voir. Pourtant nous avons collectivement besoin les uns des autres, comment peut-on ne pas en prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard ?!! »

Dans les yeux des Sénégalais présents ce jour là, quelques larmes, je ne peux m’empêcher de leur demander ce qui les émeut tant. « Nous avions besoin de cet autre discours de Dakar, me répondent-ils, c’était l’honneur de la France qui était en jeu ». « Remerciez là, ajoutent-ils, remerciez là d’avoir réhabilité l’Homme africain, et du même coup la France ; Surtout remerciez là d’avoir enfin tracé des perspectives d’avenir d’une même dignité pour nos deux continents ! ».

Quand je pense que le lendemain, certains, en France prétendront que l’infâme propos de Nicolas Sarkozy sur « l’Homme africain » était déjà de l’histoire ancienne qu’il ne servait à rien de remuer. Que d’autres encore s’obstineront, aveuglés par leur suffisance, à ne pas voir où est le problème.Non les Africains, eux, n’ont pas oublié. Ni l’arrogance, ni le mensonge historique, ni l’humiliation de ce discours gravé dans toutes les mémoires …

A propos des Perspectives d’avenir justement…
… quelques réalités méritent d’être rappelées, au delà des beaux discours du Président de la république ou de son ministre de la coopération, l’Afrique sera bien la première victime des coupes opérées dans le budget 2009 de la Coopération. L’Afrique sub-saharienne est massivement affectée. A ceux qui croient vraiment que l’Aide publique au développement (APD) augmente, sachez que cette dernière se compose aujourd’hui essentiellement d’un recours massif au prêt, et à l’annulation de dette. On est loin des objectifs du Millénaire, lorsque l’Union européenne et chaque pays s’engageaient à diminuer la pauvreté dans le monde de moitié en consacrant 0,7% du PIB. La vérité, c’est que l’APD européenne baisse significativement, à peine 0.4% du PIB en moyenne…

Or, faut-il le rappeler ? le nombre de pauvres a augmenté sur le continent de 90 millions de personnes depuis 1990 et leur revenu moyen a baissé. L’aggravation de la pauvreté s’est traduite par un accroissement de la faim et la crise du Niger ces derniers mois a rappelé s’il en était besoin la fragilité de la situation alimentaire dans certains pays africains.

L’impact de la crise économique mondiale est particulièrement fort dans ces pays avec ce sentiment insupportable que les responsables de la crise se trouvent dans les pays du Nord, mais que ceux qui vont en souffrir le plus sévèrement sont dans les pays du Sud. Les pays africains, même s’ils échappent aux effets financiers de la crise qui toucheront beaucoup plus les pays émergents, seront fortement heurtés par l’aspect réel de la crise.

Pour prendre le seul Sénégal, selon les dernières estimations d’organisations internationales et régionales, le taux de croissance initialement estimé à 5% y sera de l’ordre de 2.5-3% soit un impact négatif de la crise sur la croissance et donc sur la réduction de la pauvreté. Parallèlement, les transferts financiers des immigrés sénégalais seront de moins de 400 milliards de francs CFA cette année alors qu’ils étaient de 555 milliards de FCFA l’an passé, soit une baisse de 40% qui viendra durement frapper les familles qui vivent grâce à ces aides.

6 années seulement nous séparent de l’année 2015. Malgré les ressources tirées de l’aide publique au développement et des programmes de réduction de la dette, en particulier l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), les PMA, les pays enclavés et même certains pays à revenu intermédiaire ne parviennent toujours pas à réaliser suffisamment de croissance économique pour lutter efficacement contre la pauvreté.

Il est primordial de maintenir et de soutenir l’idée d’une ouverture de la globalisation aux pays moins avancées dont Africains et de faire du développement une dimension centrale pour reconstruire un ordre économique viable. Nous en sommes très loin…

D’un boubou l’autre…
Les deux jours suivants, un peu au pas de course, nous nous rendons dans plus d’une dizaine de villages de la région de Fatick. Chaque fois c’est entre 100 et 200 villageois qui nous réservent un accueil d’une chaleur incomparable. En fonction du projet soutenu par la région Poitou Charente, la fête se fait alors autour d’un four ou chauffe eau solaire, d’un équipement photovoltaïque, d’une chèvrerie, d’une nouvelle école primaire, d’un atelier de poterie… La coopération décentralisée entre Poitou Charente et Fatick a été jugée si exemplaire par le PNUD (Programme des nations unies pour le développement) qu’elle a été choisie comme modèle mondial de référence !! L’un de ses piliers est le dispositif des bourses tremplin pour l’emploi qui permettent à Poitou Charente de soutenir des initiatives diverses et variées dés lors qu’elles créent une activité et un moyen de subsistance : apiculture, maraîchage, transformation de la noix de cajou, vente de produits agricoles etc…. Partout des villageois qui n’imaginaient pas il y a deux ans pouvoir vivre de leur activité et qui en font désormais vivre plusieurs familles… A chaque étape, les habitants se sont cotisés pour nous offrir le plus beau boubou du monde !

La porte du Non retour
Dernier jour avant le départ, triste comme à l’habitude, nous visitons l’Ile de Gorée, cette « porte du non retour » comme l’appelaient les esclaves qu’on y entassait durant des mois en attendant le navire qui les emmènerait loin vers l’Amérique, loin vers l’Europe. Difficile de vous décrire ce qu’on ressent sur cette île, l’oppression, le désespoir, la folie humaine, la honte aussi et la culpabilité. Le guide nous raconte que le Président Mandela en visite dans la « Maison aux esclaves » avait insisté, il y a quelques années, pour se faire enfermer un instant dans la cellule aveugle des récalcitrants (3m2). Il en est ressorti en larmes.

Najat VALLAUD BELKACEM

Elle est déjà dans l’avenir …

février 5, 2009 Laisser un commentaire

Petite vidéo tout à fait rafraichissante. Elle est loin devant, prépare le terrain, fixe les enjeux d’un autre monde possible et du Socialisme du futur. Et elle invite tout le monde à y participer … La fête de la fraternité sera également un forum social, l’idée tombe sous le sens et fera mouche, c’est certain. Aubry et Sarkozy on les calcule même plus … ce sont de vielles rengaines usées …

Et à ce propos j’ai une idée pour définir ce nouveau Socialisme : Le Socialisme Participatif

jeudi nous voterons tous Royal …

novembre 17, 2008 Laisser un commentaire

Profession de foi de Segolène Royal pour l’élection du Premier secrétaire du Parti socialiste
le jeudi 20 novembre

Chèr-e-s camarades,

Au moment où la crise financière aggrave les souffrances, ici et dans le monde, la France attend les socialistes. Elle les appelle. Nous devons répondre, forts, déterminés, audacieux, vigoureux, énergiques.

La parole vous est aujourd’hui redonnée. Immense responsabilité, car c’est vous qui, par votre vote, allez forger l’unité du Parti socialiste et donc sa capacité à se faire entendre et à agir dans le tumulte.

Oui ou non voulons-nous ensemble écrire une nouvelle page de notre histoire, vibrante et populaire ?
Oui ou non voulons-nous bâtir ensemble le socialisme du XXIème siècle ?
Oui ou non, notre parti va-t-il s’ouvrir à toutes les diversités et devenir meilleur que la société qu’il prétend transformer ?
Oui ou non le peuple que j’ai vu tellement présent et attentif au cours de ces derniers mois va-t-il venir vers nous car nous aurons su lui redonner l’espoir ?

Notre avenir est à portée de main. A nous de le saisir. Nous avons les talents individuels. A nous de tisser le talent collectif.

Je veux mettre en valeur une nouvelle génération d’hommes et de femmes, de toutes origines et de tous les territoires. A nous de leur ouvrir les responsabilités et de demander aux anciennes générations d’être là et de leur transmettre l’expérience.
Vous savez que le Parti socialiste peut devenir un grand parti populaire. A nous d’accueillir toutes celles et ceux qui veulent combattre les dégâts du sarkozysme et construire un autre futur.

On nous a fait un procès intellectuellement déloyal sur la question des alliances. Pourtant notre motion est parfaitement claire : l’union de la gauche d’abord, la main tendue à tous les humanistes pour battre la droite, ensuite. Cette question sera soumise à une consultation directe des militants. Je m’y engage.

Vous savez que les jeunes des quartiers populaires et de toutes les couleurs sont massivement venus voter pour nous à l’élection présidentielle. Je les espère au Parti socialiste. A nous d’inventer de nouvelles formes de militantisme.

Les Français nous attendent. La gauche nous attend. La force d’être nous-mêmes et la force de changer dépendront de la force que par votre vote, chacune et chacun d’entre vous nous donnera jeudi prochain. Donnez-nous cette force et cette légitimité qui nous permettront de reprendre l’ouvrage, pour que tous les talents de toutes les motions se rassemblent pour combattre la droite, pour proposer et pour se faire entendre, ici, mais aussi en Europe et sur la scène internationale.

Je vous appelle toutes et tous à venir voter. Car aujourd’hui c’est vous, militantes et militants, qui détenez les clés de notre avenir commun et donc de celui de millions de citoyens qui nous attendent, parfois désespérément. C’est vous qui pouvez donner l’élan de la transformation. Alors, allons-y. Nous pouvons le faire. Nous devons le faire. Nous sommes les socialistes. Nous allons retrouver la fierté de l’être tous ensembles, unis et offensifs. Vous pouvez compter sur moi comme nous comptons sur vous.

Amitiés socialistes,

Ségolène Royal et Vincent Peillon, et toute l’équipe

delanoé s’accroche encore …

novembre 15, 2008 Laisser un commentaire

delanoe_640

certaines images valent plus qu’un long discours – je trouve celle-ci prise ce matin à Reims assez éloquante … tout y est : l’expaspération, la crispation, les doigts sont littéralement tordus de rage … quand on sait que son discours était anti-Royal – on comprend de suite à qui ces doigts vengeurs s’adressent …

Crise financière : Ségolène Royal répond aux questions de La Tribune

novembre 10, 2008 Laisser un commentaire

Crise financière : Ségolène Royal répond aux questions de La Tribune

Très bon article à lire dans la Tribune ça nous change de la presse TSS sarko-socdem … 😉

Royal fait exploser le PS

novembre 7, 2008 1 commentaire

Enfin ça y est !

Le PS commence a se désagréger suite à la victoire de la Motion E de cette nuit !

Mélanchon quitte le PS – qui n’est plus assez à gauche à son goût … Pauvre chabichou …

Si Aubry et Delanoé pouvaient lui emboîter le pas, moi ça m’irait bien …

Dans la presse Sarkozyste personne ne relève le problème du vote truqué contre les Ségolènistes – empêcher de voter apparement est un acte banal, voir hautement recommandé quand il s’agit de bouter les  Segolénistes. La presse officielle se déclare donc surprise ce matin par le vote des militants pro E et c’est d’autant plus drôle parce que nous … pas ! Nous sur le terrain, pas un instant on a pu croire aux sondages truqués qui portaient depuis des mois Delanoé à des nues plus que virtuelles …

Pire encore, c’est qu’avec le nombre des voix confisquées au premier tour nous aurions pu faire bien plus – c’est ignoble ce qui se joue en ce moment … Le cartel Delanoe-Aubry, ces Socdem libéraux, sont prêts au plus basses besognes pour empêcher le vrai changement du parti !!!  J’ai jamais vu un truc aussi infect. Mais voyez, continuez, fermez nous la porte et nous passerons par la fenêtre, fermez les fenêtres et nous ouvrirons les portes, il n’y a pas de répit possible. les militants du PS ont de nouveau désigné Segolène Royal comme représentante de l’avenir du Parti – exactement comme en 2006 quand il s’agissait d’aller vers la Présidence …

Cette fois-ci encore, c’est elle qui est désignée et c’est elle qui arrive en tête malgré toutes les machinations mises en place pour barrer notre route, étouffer nos voix !!!! Tout ça devient surréaliste !!!!

Les miltants doivent êtres entendus et respectés sur le choix de cette Motion E – faute de quoi si j’en juge par l’exaspération et le degoût qui monte se sera la révolte assurée …

Royal sur Inter ce matin